Alpiniste industriel, connaissiez-vous ce métier ?

Perché à des centaines de mètres d’altitude sur des monuments historiques comme l’Atomium, le Cinquantenaire ou bien perché dans des milieux confinés comme des cuves ou les turbines de centrales électriques pour y exécuter la réalisation de travaux de tout genre, c’est le quotidien professionnel d’Olivier Delecosse. Alpiniste ou cordiste industriel, c’est le nom attribué à ce métier peu connu en Belgique, pas référencé et qui ne possède d’ailleurs pas de code Nace-BEL.

Qu’est-ce qu’un alpiniste industriel ?

Etre alpiniste industriel permet la réalisation des travaux de réparation, d’entretien, de nettoyage ou d’amélioration dans des zones difficiles d’accès.

L’accès aux façades, aux toitures, aux monuments, aux cuves, aux centrales électriques ou encore aux parois rocheuses n’a aucun secret pour Olivier Delecosse, cet entrepreneur de 37 ans originaire de Vonêche à une trentaine de kilomètres de Bouillon.

On offre un moyen d’accès à des endroits difficiles d’accès. On y fait les travaux de peinture, de réparations sur des immeubles, des remplacements de vitrage comme au 29e étage de la tour Belfius ou encore la pose de luminaire au Cinquantenaire pour éclairer les arches. C’est assez vague. C’est offrir un moyen d’accès et après on fait le travail", explique Olivier Delecosse.

Et pour accéder aux endroits les plus fous et pouvoir réussir leurs missions, Olivier utilise la technique de la descente en rappel sur la zone d’intervention.

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Mais pourquoi à l’aide de cordes et non à l’aide d’échafaudage ?

Ce métier offre des avantages non négligeables à leurs clients d’un point de vue économique mais aussi sur le plan de la gestion du temps. "On peut permettre d’éviter des coûts occasionnés par l’installation d’un échafaudage. Il y a un gain de temps également puisque l’installation de cet échafaudage est supérieure à la durée de notre intervention. Sans oublier qu’une nacelle n’accède pas partout", explique-t-il.


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Comment Olivier Delecosse a-t-il entendu parler de ce métier ?

Olivier a commencé ce métier il y a environ 13 ans sur le coup du hasard.

"Une personne de ma famille qui a une entreprise active dans les travaux en hauteur m’a proposé de travailler quelques jours pour lui pour des inspections sur des pylones télécom j’ai rencontré des indépendants qui avaient besoin d’aide et encore un autre et c’est comme ça que mon carnet d’adresses s’est rempli. Et c’est comme ça que je suis resté dans le métier".

Aujourd’hui, Olivier est gérant de sa propre boîte de cordiste/alpiniste industriel. Un métier qui, en fin de compte, est devenu une passion. Mais attention, ce métier est tout de même considéré comme à risque. Il est d’ailleurs très physique.

"Nous devons toujours travailler à deux. On ne peut jamais être isolé. Si jamais quelque chose arrive, il faut savoir intervenir très vite. Et pour cela, nous avons des formations strictes à suivre", témoigne l’alpiniste industriel.

Des formations annuelles sont obligatoires pour pouvoir exercer ce métier. La formation de base consiste à savoir maîtriser le matériel, les accès et les sauvetages mais l’apprentissage ne s’arrête pas là.


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"Les formations sont indispensables. Sans ça, le métier n’est pas possible. Chaque type de formation exige des recyclages réguliers. Certaines formations sont à refaire tous les ans et d’autres tous les 3 ans".

Par exemple, le GOF, l’accès sur corde dans le secteur télécom, nécessite un brevet annuel. L’IRATA, l’accès industriel au moyen de cordes, est valable trois ans.

 

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Une passion mais aussi des frayeurs

Quand on entend parler de ce métier insolite, on se doute que ces alpinistes industriels vivent des moments exceptionnels. Olivier Delecosse, lui, adore prendre son café au lever du soleil, perché sur l’Atomium. Mais son meilleur souvenir reste tout de même d’avoir suscité la curiosité d’une célébrité.

"Un jour, je travaillais sur l’Atomium, Ben Harper, le guitariste, auteur, compositeur et chanteur américain, venait y faire un show case exclusif, il nous a vus et il a fait des photos de nous. Je ne sais pas ce que sont devenus ses clichés mais Ben Harper nous a pris en photos".


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Il va de soi qu’être alpiniste industriel est un métier un risque. Et incontestablement, il y a des jours où les risques sont bien plus élevés comme quand les conditions climatiques sont particulièrement exécrables.

"La météo, c’est un véritable challenge surtout en Belgique. La pluie, la neige… On doit travailler par tous les temps. Mais on est satisfait d’avoir réussi ce challenge à la fin de la journée. On oublie toutes les galères et place à la satisfaction", rajoute-t-il.

Il n’en demeure pas moins que certains jours se terminent plus mal que d’autres. Des frayeurs, Olivier Delecosse en subit parfois, notamment lorsqu’il y a des chutes de pierres ou encore des collègues blessés.

 

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Le mot d’Olivier pour les futurs alpinistes industriels

Olivier Delecosse encourage les futurs alpinistes grimpeurs dans cette nouvelle vocation mais attention tout de même à certains aspects du métier comme l’adaptation.

"En photo, le métier a l’air très sympathique avec de jolies vues. On montre souvent les côtés aventureux. Mais attention, il faut savoir que nous sommes dehors par tous les temps. Et c’est quelque chose qui n’est pas évident en Belgique. C’est un métier très rude et très physique. Il faut être autonome, proactif et savoir s’adapter en permanence. Il faut également savoir analyser les situations en termes de risque", conclut-il.

 

 

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