5 classiques à (re)découvrir sur la plage

5 classiques à (re)découvrir pendant l'été
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5 classiques à (re)découvrir pendant l'été - © WIN MCNAMEE - AFP

L’été, on aime profiter du soleil en se plongeant dans un bon roman. En voici quelques-uns à emporter partout avec soi dans son sac de plage entre la crème solaire et l’essuie de bain.

Perceval et le Conte du Graal de Chrétien de Troyes

Dans la France du XIIe siècle, Chrétien de Troyes met en scène la "matière de Bretagne" dans son roman chevaleresque Perceval et le Conte du Graal. Le cinquième roman de l’auteur est peut-être celui qui marque de son empreinte de manière indélébile toute la littérature médiévale. Resté inachevé, le roman va donner suite à de nombreuses continuations qui, toutes, tenteront de résoudre le mystère du Graal.

Résumé

Chrétien de Troyes est, à la fin du XIIe siècle, le premier grand romancier français. Ses romans nous enchantent par l’évocation des merveilles et des aventures qui, au temps du roi Arthur, surviennent aux chevaliers de la Table Ronde. Chacun d’eux suit le cheminement et l’errance d’un jeune chevalier qui révèle sa vaillance, découvre l’amour, prend la mesure de son destin. Dans le Conte du Graal, il est le premier à mentionner ce vase extraordinaire qui garde aujourd’hui encore son mystère et sa fascination. Perceval, le jeune naïf, sorti de sa forêt natale, découvre le monde, la chevalerie, la douce Blanchefleur. Il voit passer le cortège du Graal au château du Roi Pêcheur. Mais il ne pose pas la question salvatrice. Il repart, comme part à son tour Gauvain, le neveu du roi Arthur, pour une histoire sans fin (Le Livre de poche, 4,60 euros).

Du même auteur : Erec et Enide, Cligès, Lancelot ou le Chevalier de la charrette, Yvain ou le Chevalier au lion

La Princesse de Clèves de Madame de Lafayette

Dans la France du XVIIe siècle, le roman et les romancières n’ont pas bonne réputation. Publiée anonymement, La Princesse de Clèves est attribuée à Madame de Lafayette en 1780, c’est-à-dire 102 ans après sa première parution.

Résumé

"La magnificence et la galanterie n'ont jamais paru avec tant d'éclat que dans les années du règne de Henri second", et c'est bien sur le théâtre de la brillante cour des Valois que se noue et se joue la passion de la princesse de Clèves et du duc de Nemours. Passion tacite, et qui ne s'exprime longtemps que par des signes : un portrait dérobé, la couleur d'un vêtement au tournoi, la soudaine émotion d'un visage. Passion tragique, aussi, dont la mort est la conséquence imprévue. Si La Princesse de Clèves, lors de sa parution en 1678, est le livre le plus immédiatement commenté de son époque, c'est que, sans rompre totalement avec le roman antérieur, il y introduit le souci de vraisemblance et de brièveté qui caractérise alors la nouvelle, et concilie de manière neuve narration et psychologie. Le premier des romans d'analyse ? Certainement. Mais simplement, aussi, un grand roman sans romanesque (Le Livre de poche, 3,60 euros).

Du même auteur : La Princesse de Montpensier

Les liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos

Considéré comme le chef-d’œuvre de la littérature française, le roman épistolaire de Laclos s’inscrit dans la tradition du roman libertin. La force de ce roman réside peut-être autant dans son style que dans ces personnages. La marquise de Merteuil est remarquable ; on admire sa force et son esprit dans une société du XVIIIe siècle où la femme est réduite au silence par son état.

Résumé

La jeune Cécile Volanges quitte son couvent pour faire l’apprentissage du monde et épouser le comte de Gercourt, mais une de ses parentes, la marquise de Merteuil, entend profiter de ce projet de mariage pour se venger d’une infidélité que lui a faite autrefois Gercourt. Elle charge donc son complice, le vicomte de Valmont, de pervertir Cécile avant ses noces. Mais loin de Paris, dans le château de sa vieille tante, Valmont s’est de son côté mis en tête de séduire la dévote présidente de Tourvel, et une idylle bientôt se noue entre la "petite Volanges" et le jeune Danceny (Le Livre de poche, 4,80 euros).

La Confession d’un enfant du siècle d’Alfred de Musset

Dans son unique roman, Alfred de Musset peint le portrait de la jeunesse du XIXe siècle. Une jeunesse réduite à l’ennui dans un monde en plein bouleversement. Une œuvre terriblement contemporaine qui trouve un écho dans les cœurs de la jeunesse du XXIe siècle.

Résumé

Après le désastre de Waterloo, l’ennui s’installe avec la paix : "Alors s’assit sur un monde en ruines une jeunesse soucieuse." Mais l’enfant du siècle ne s’attarde pas longtemps à son époque et, de manière assez désinvolte, raccorde à la grande sa petite histoire : celle d’un homme qui se console de la trahison de sa maîtresse par une vie de fête et de débauche à laquelle l’arrache brutalement la mort de son père. Après quoi l’amour, traversé par la tentation du suicide et du meurtre, ne le conduira qu’à la solitude. La Confession que Musset fait paraître en 1836 est ainsi un roman qu’il faut lire bien au-delà de la liaison avec George Sand qui vient de dramatiquement se dénouer à Venise. A vingt-cinq ans, Musset n’offre pas ici une simple esquisse prometteuse, comme le croyait Sainte-Beuve, mais un testament littéraire qu’il ne dépassera pas, un livre où il devient le héraut d’une génération dont la leçon amère est que, face à l’absurdité de vivre, l’irrésolution est la seule attitude lucide (Le Livre de poche, 6,60 euros).

Du même auteur : Les Caprices de Marianne, On ne badine pas avec l’amour, Lorenzaccio

Emma de Jane Austen

Les romans de l’auteure sont des incontournables de l’été. Les amatrices de "chick lit" reviendront aux origines du genre qui se développe en Angleterre sous la plume de Jane Austen.

Résumé

Publié anonymement en 1816, Emma est l'œuvre la plus aboutie de Jane Austen (1775-1817) et l'un des classiques du roman anglais. Orpheline de mère, seule auprès d'un père en mauvaise santé, Emma Woodhouse, désormais la maîtresse de maison, s'est mis en tête de marier Harriet Smith, une jeune fille qu'elle a recueillie chez elle. Ce faisant, ne s'est-elle pas attribué un rôle qui n'est pas (ou pas encore) pour elle? Son inexpérience des cœurs et des êtres, ses propres émotions amoureuses, qu'elle ne sait guère interpréter ou traduire, lui vaudront bien des déconvenues et des découvertes. Autour d'Emma, Jane Austen dépeint avec sobriété et humour, et aussi une grande véracité psychologique, le petit monde provincial dans lequel elle a elle-même passé toute sa vie (Le Livre de poche, 7,60 euros).

Du même auteur : Orgueil et préjugés, le Cœur et la Raison

 

A.B.

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