Un article, deux versions et 4 fois plus de visibilité : les résultats de notre expérience Facebook

Un article, deux versions et 4 fois plus de visibilité : les résultats de notre expérience Facebook
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Un article, deux versions et 4 fois plus de visibilité : les résultats de notre expérience Facebook - © Tous droits réservés

Savez-vous à quel point vos réactions sur Facebook déterminent le succès des articles RTBF ? Savez-vous que vous avez un impact direct et immédiat sur leur diffusion (ou pas) ? Nous avons abordé ces questions dans un article de notre page INSIDE (ici). Mais puisqu’une petite expérience vaut parfois mieux qu’un long discours, on a décidé de passer à la pratique. Facebook fixe les règles du jeu ? Très bien, nous avons donc joué, avec votre complicité involontaire (quoique)…

Le 25 janvier, un premier article a été publié. Il était illustré par une image montrant une tête d’homme souriante et une autre grimaçante. Son titre : « Commentez cet article pour lui donner une chance d’être lu… Ou comment la rédaction de la RTBF compose avec le géant Facebook ». Je vous l’accorde, c’était un peu long, sans doute pas le titre le plus accrocheur du monde.

Le 18 février, rebelote : le même article est posté sur notre page Facebook RTBF Info. Mais cette fois, la photo d’illustration montre un gros plan d’œil à l’expression étonnée et le titre est, disons, d’un autre style : « RTBF et ‘putaclic’: jusqu’où irons-nous pour vous faire cliquer ? ». Un titre plus accrocheur, moins conforme à l’article aussi, bref une sorte d’attrape-clics plus ou moins soft (puisqu’en la matière, il y a bien pire, franchement).

Un internaute n’a pas manqué de souligner l’ironie de la chose par ce commentaire :

 

D’autres se sont mis à jouer eux aussi, comme celui-ci…

Bref c’était bien parti. Très vite, il est apparu que la deuxième version suscitait plus d’intérêt que la première. Et cela s’est confirmé par son score final (tel qu’observé aujourd’hui) : cette version « accrocheuse » a été diffusée auprès de 34 000 personnes environ par Facebook. C’est plus de quatre fois plus que la première version, diffusée environ 8000 fois. Cela signifie concrètement que l’article est apparu dans le fil Facebook de 34 000 personnes, ce qui lui a donné plus de chances d’être vu et donc d’être lu.

Comment ça se fait ? Si vous avez lu ces articles, vous savez que Facebook commence par tester les publications sur un petit échantillon d’internautes. Si les internautes lisent mais surtout s’ils réagissent et interagissent, la plateforme les propose à des échantillons de plus en plus grands. Sinon, cela s’arrête là. Pour qu’un article fonctionne, il doit donc susciter de « l’engagement » : entraîner des clics, des commentaires, des émoticônes, des partages. Dans notre expérience, il se peut que le titre plus accrocheur ait lui-même suscité plus de réactions (parfois sans lire l’article). Ou alors (et l’un n’exclut pas l’autre), il a poussé plus de gens à lire l’article et cela a augmenté le nombre d’interactions.

La deuxième version a en tout cas entraîné plus de 4000 interactions, contre moins de 900 pour la première version.

D’autres hypothèses

Mais ce n’est pas la seule explication possible… Dans la deuxième version, en réalité, un petit ajout avait été introduit dans l’article : un court paragraphe pour expliquer qu’il s’agissait d’une expérience grandeur nature… Forcément, cette simple mention a certainement elle-même suscité des réactions et de l’engagement. C’est d’ailleurs ce dont témoigne ce commentaire de lecteur :

Bien vu ! Et ce n’est pas la seule différence qui peut jouer, loin de là. Le jour et l’heure du post ont un impact sur la diffusion. Autre possibilité : si plusieurs publications sur la page Facebook RTBF fonctionnent bien un certain jour, cela jouera sur la diffusion de la publication suivante, quelle qu’elle soit. Comme si la plateforme accordait plus de crédit à la page parce qu’elle aligne des succès (« on ne prête qu’aux riches »). Si un thème est dans l’air du temps, cela jouera aussi.

En fait le nombre d’éléments pris en compte par l’algorithme de Facebook est considérable. Cet algorithme est complexe et il évolue constamment. Du coup, il n’y a pas de recette pour prédire le succès d’un article, pas de mode d’emploi clair et net. Il n’empêche qu’on peut tirer toutes sortes de statistiques et d’observations à partir de nos articles.

Grâce à Google Analytics, on sait aussi que les internautes sont davantage tombés sur notre deuxième version via Facebook que via Google, à l’inverse de notre premier article.

Que faisons-nous de ces données ?

A la RTBF, avec la digitalisation, de nouveaux métiers sont apparus comme celui de « social coordinator », autrement dit « coordinateur pour les réseaux sociaux ». Ils sont au nombre de quatre et ce sont principalement eux qui ont l’œil sur les statistiques générées notamment par nos articles.

« Nous, aujourd’hui, on exploite tout ça pour monitorer la santé de nos pages, de nos réseaux sociaux, pour voir si on est dans le bon, pas dans le bon », explique Aline De Volder, coordinatrice pour l’info. « On pourrait aller beaucoup plus loin au sein de la rédaction, comme d’autres le font ».


►►► A suivre sur INSIDE : Un data analyst au cœur de la rédaction ? Le choix de la VRT. Et chez nous ?


Aujourd’hui, les données globales récoltées sont analysées et il en découle des recommandations générales à l’intention des éditeurs des réseaux sociaux, ceux qui gèrent au quotidien les pages Facebook de l’entreprise, dont celles de l’info (RTBF Info, La Première, etc.).

« On se base sur les habitudes de consommation des gens. On sait par exemple que 85% d’entre eux consultent en nomade, sur leur mobile, sans le son, et ça défile très vite », explique Sergio Luque Gonzalez, coordinateur. Ce qui entraîne des recommandations à propos des vidéos notamment (format carré ou 4/5ème ? Sous-titré ou pas ? etc.).

La difficulté, c’est d’accrocher dignement

« Globalement, les recommandations qu’on donne aux social editors c’est qu’il faut que ce soit clair, transparent, honnête, qu’on sache clairement ce qu’il y a comme contenu derrière et qu’on ne trompe pas les utilisateurs », poursuit Sergio. « Certes ça peut créer des difficultés car ‘c’est plus dur d’accrocher les gens en étant honnête’… C’est la difficulté que doivent gérer les social editors : c’est d’accrocher dignement. » D’où toute l’importance également de l’introduction qui présente l’article en quelques lignes ou quelques mots, avant l’article proprement dit.

Les éditeurs sont donc ceux qui jonglent au quotidien avec les règles du jeu de Facebook, pour donner une chance aux articles d’être lus, tout en respectant la ligne éditoriale de la RTBF et sa mission de service public. Mais ça, vous le saviez déjà, si vous avez lu l’une des deux versions de l’article de notre petite expérience…


►►► Pour d’autres coulisses de notre info, rendez-vous sur notre page INSIDE


 

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