Procès Nemmouche: comment la RTBF couvre ce procès d'envergure

Justine Katz en direct du Palais de Justice dans le journal de 08H de Vivacité, sur la UNE
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Justine Katz en direct du Palais de Justice dans le journal de 08H de Vivacité, sur la UNE - © RTBF

Ce n'est pas un procès comme les autres. Il suffit de faire un tour au Palais de Justice de Bruxelles pour s'en rendre compte. Le procès de l'attentat du Musée juif de Belgique est un procès hautement sécurisé, le bâtiment est barricadé, entouré de chevaux de frises et de combis de police.

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La fouille est un passage obligé pour chaque personne qui souhaite assister au procès. 

"Il a fallu accréditer toutes les équipes auprès du parquet fédéral", explique la responsable du pôle judiciaire Justine Katz. Plus de 450 accréditations ont été octroyées jusqu'ici. 

Parce que les procès pour terrorisme ne sont pas des procès d'assises comme les autres.

Une salle de presse a été spécialement mise en place pour que les journalistes puissent suivre les débats sur écran et malgré tout utiliser leurs téléphones et ordinateurs. 

Parmi les points communs avec les autres procès pénaux où les protagonistes refusent d'être filmés, il y a les traditionnels dessinateurs. Mehdi Nemmouche a refusé d'être filmé, même si son visage était flouté. Tout sera donc dessiné. Car le dessin est (presque) toujours permis. "C'est le président de la Cour qui tranche et autorise si l'on peut filmer ou non, explique Bernard Mouffe, professeur de droit des médias à l'Université de Namur. Mais on considère généralement que lorsqu'un prévenu est filmé ou photographié, il risque de ne pas être lui-même pendant son procès. La différence avec le dessin, c'est que sur un dessin, on ne voit pas la réaction instantanée du prévenu à une question du président. Ce n'est donc pas de nature à influencer le déroulement du procès."

Mais pourquoi prendre ce risque d'attenter au droit à l'image du prévenu ? Pourquoi ne pas tout simplement se passer de dessin de presse ? Parce que "les juridictions pénales jugent dans l'intérêt de l'Etat et que le public doit être informé de ce qui est jugé". On estime donc que dans ce cas-ci, le droit à l'information est plus important que le droit à l'image. Dans la même logique, chaque citoyen a d'ailleurs le droit de s'asseoir dans la salle de la Cour d'assises et d'assister au procès.

Une couverture à adapter à la longueur du procès

C'est un procès qui s'annonce long : six à huit semaines d’audience. Il convenait donc, plus que d'habitude, d'organiser la couverture. "Il a fallu choisir un dispositif et déterminer notre volonté éditoriale, ajoute Justine. On a notamment dû trancher sur notre présence aux audiences, quotidienne ou non ? Ce qu'on a finalement décidé, c'est de couvrir via nos trois médias tous les grands moments – le début, les interrogatoires des accusés et les témoignages de certains personnages clés. Et pour le web, on assure une présence quotidienne, on sera là chaque jour."

Quant aux journalistes qui ne seront pas là en permanence, ils se tiendront au courant de tout ce qui se passera au cours du procès. C’est nécessaire pour comprendre la complexité d’un dossier comme celui-là.

Un épilogue très attendu

Le procès porte sur des faits qui remontent au 24 mai 2014. Ce jour-là, est commis le premier attentat en Europe attribué à l'Etat islamique et à un djihadiste de retour de Syrie. Quatre ans plus tard, on va donc connaître la vérité judiciaire. Ceux qui suivent le dossier depuis le début vont enfin remplir les trous dans une histoire qu'ils ont découverte par bribes au fil des années. "On est entrés dans une nouvelle phase. On a couvert ces 4 dernières années les attentats qui se sont produits en Europe. Arriver au procès, c'est la fin d'un cheminement. L'enquête est couverte par le secret de l'instruction, on l'a donc suivie via certains éléments qu'on a pu obtenir par nos sources." Dans le cadre d'un procès, les débats sont ouverts au public. On peut y entendre les différents éléments que les enquêteurs ont recueilli, les expertises menées, les témoins qui ont permis d'aboutir à certaines conclusions.  A la fin du procès, tombe le verdict : coupable ou non coupable des faits reprochés.

Accumuler des connaissances au fil des enquêtes

Au niveau relationnel, ce procès est l'une des pièces d'un grand puzzle. Dans ces affaires de terrorisme, on retrouve régulièrement les mêmes avocats. "Dans le terrorisme en particulier, il y a des avocats qui ont pris beaucoup de clients ces dernières années, c'est le cas des avocats Sébastien Courtoy et Henri Laquay. Ils ont été les conseils de Jean-Louis Denis, ils ont également défendu des dossiers liés à des filières d'envoi de combattants en Syrie, ici, ils défendent Mehdi Nemmouche et seront encore présents dans le procès des attentats du 22 mars".  Chaque affaire, chaque procès, est une manière de mieux comprendre ces avocats, leur manière de fonctionner et de plaider. De quoi enrichir son background, en préparation des procès suivants.

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