Pas de public, moins d'invités : les émissions d'info s'adaptent à l'épidémie

Dans CQFD, Arnaud Ruyssen ne reçoit désormais plus qu'un seul invité par jour, ici l'épidémiologiste Marius Gilbert.
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Dans CQFD, Arnaud Ruyssen ne reçoit désormais plus qu'un seul invité par jour, ici l'épidémiologiste Marius Gilbert. - © RTBF

Une vraie fourmilière. Voilà à quoi on pourrait comparer la RTBF en temps normal. Chaque jour, en plus de son personnel, les différents sites de la RTBF accueillent de nombreux invités d’émissions. L’enregistrement de ces programmes se fait par ailleurs parfois en présence de public. Ou plutôt se faisait. Depuis le début du confinement, ces émissions de la rédaction Info-Sports (A Votre Avis et La Tribune) sont suspendues. Quant aux autres émissions de télé et de radio, elles accueillent moins d’invités que d’habitude. C’est le cas de Soir Première, présenté par Arnaud Ruyssen, qui a expliqué à Inside les adaptations mises en place pour son émission.

Arnaud, quelles sont les mesures prises pour Soir Première ?

Les journalistes de la rédaction continuent de venir en studio. Mais pour tous les chroniqueurs qui ne font pas partie de la rédaction, on leur demande de faire leur chronique à distance par téléphone ou Skype. Et puis, pour CQFD (NDLR : une séquence de l’émission sous forme de débat), on ne prend plus qu’un seul invité par jour, là où on en avait deux ou trois auparavant.

Un seul invité, pourquoi ?

Pour d’évidentes raisons sanitaires d’abord : limitons au maximum le nombre de personnes en studio. Ensuite, par rapport à cet enjeu du coronavirus, à toutes les questions qu’il suscite, à toutes les fausses informations qui l’entourent, on se dit que donner du temps – 25 minutes – à un invité, c’est pouvoir aller au maximum au fond des choses. Pour le moment, on a aussi besoin de rendez-vous d’approfondissement comme ceux-là.

Cela permet aussi de continuer à avoir des acteurs de premier plan

Un seul invité à la fois, c’est aussi une manière de ne pas trop solliciter ces acteurs de la crise qui sont très demandés…

Oui et cela permet aussi de continuer à avoir des acteurs de premier plan. Tous ces professionnels de la santé, ces épidémiologistes, ces politiques sont au four et au moulin. Cela ne sert à rien d’en faire venir trois sur le plateau en même temps, alors qu’ils ont plein de travail. Prenons-en un à la fois, laissons-le s’exprimer longuement et laissons-le travailler le reste du temps.

Est-ce qu’il ne serait pas plus sage de ne plus inviter personne en studio ?

Forcément, faire venir quelqu’un en studio, ça comporte toujours une petite part de risque de transmission du virus. Mais, pour moi, il faut faire la balance entre risque et intérêt. Prenez par exemple le président du collège de médecine général francophone. Il est venu en studio, a donné des explications précises, des conseils, des appels à la responsabilité de la population. Cela, il ne peut le faire bien que s’il est là, présent en studio. Donc je me dis : si on prend le petit risque de contamination, mais qu’on en évite 200 autres grâce à son intervention, je pense que ça vaut la peine de prendre cette toute petite marge de risque, tout en prenant toutes les précautions nécessaires évidemment.

►►► Cet article n’est pas un article d’info comme les autres… Sur la page INSIDE de la rédaction, les journalistes de l’info quotidienne prennent la plume – et un peu de recul – pour dévoiler les coulisses du métier, répondre à vos questions et réfléchir, avec vous, à leurs pratiques. Plus d’information : là. Et pour vos questions sur notre traitement de l’info : c’est ici.

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