Micro en reportage: quelles mesures d'hygiène ?   

Des lingettes et de l'alcool isopropylique à 70% pour la désinfection des micros en reportage.
Des lingettes et de l'alcool isopropylique à 70% pour la désinfection des micros en reportage. - © RTBF

La question la plus fréquemment posée à la rédaction depuis le début du confinement concerne le micro. Tendu de mains en mains, passant d’interlocuteurs en interlocuteurs, cet objet indispensable ne serait-il pas un potentiel vecteur du coronavirus ?  

Comme Philippe, Xavier, Geneviève ou encore Gilles, vous êtes nombreux à avoir interpellé la RTBF en pointant du doigt ce qui ressemble bien à une incohérence entre les mesures d’hygiène relayées plusieurs fois par jour sur nos antennes et ce micro qui semble, à l’écran, échappé aux règles les plus élémentaires.

Pour Geneviève, c’est l’incompréhension :

" Dans un souci de cohérence entre les consignes données chaque jour, les reportages semblent montrer une proximité inappropriée entre l'interviewer et les interviewés. Un micro à proximité de la bouche, aucune personne ne portant un masque... bref, je ressens un "décalage ".

Bernard quant à lui demande des explications :

" Pourriez-vous m'éclairer sur la raison de l'utilisation d'un micro tendu successivement près de la bouche du reporter et puis celle de la personne interrogée ? Est-ce sain ? Changez-vous de protection du micro ? Je ne vois pas cette façon de procéder sur d'autres chaînes télévisées ".

Informer sans contaminer et sans être contaminé

Depuis le début du confinement, la rédaction s’organise pour poursuivre et assurer sa mission d’information. Les programmes s’adaptent, les équipes aussi.

 

►►► A lire aussi sur la page INSIDE de la rédaction : "Pas de public, moins d'invités : les émissions d'info s'adaptent à l'épidémie"

 

En radio, sur le web, l’adaptation est plus facile à organiser. La RTBF a comme beaucoup d’entreprises généralisé le travail à domicile. La publication d’articles peut se faire à distance, l’enregistrement de billets radio également. En télévision, la présence de l’image à l’écran impose forcément la présence physique des présentateurs en studio. Mais dans les séquences, les reportages, la priorité est désormais donnée aux interviews par Internet.

L’information ne peut toutefois pas se passer du terrain. Les reportages nécessitent un minimum de déplacements… et de contacts. Ce qui demande certaines adaptations, par exemple l'utilisation de perches pour respecter les mesures de distanciation sociale -  nous vous en parlions déjà dans cet article sur la page Inside de la rédaction

Ces adaptations se renforcent de jour en jour, comme nous l'explique Stéphane Muret. Lui qui coordonne habituellement l’utilisation du matériel de tournage se retrouve désormais chargé de coordonner aussi les dispositions pour diminuer la propagation du virus. Il faut protéger les équipes mais aussi empêcher que chaque journaliste, chaque technicien en déplacement ne devienne lui-même un vecteur de propagation :

" Sans sortir de la logique de confinement, on déplace un minimum de gens. Certaines mesures ont été prises pour les équipes de reportages comme par exemple celle de limiter les déplacements à deux par voiture, une personne à l’avant, une personne à l’arrière, en diagonale, un peu comme dans taxi ", détaille-t-il.

L’échange d’équipement est lui aussi réduit au minimum. Les cadreurs, les techniciens sons ne partagent plus le matériel. Il est titularisé autant que possible et nettoyé avec des produits agrées, recommandés par le Service Interne de prévention et de protection du travail de la RTBF.

Et les micros, dans tout ça ?

Les micros sont sans doute le matériel le plus manipulé. C’est celui que vous voyez aussi à l’écran. 

Au début de la période de confinement, la rédaction utilisait encore des micros mains. On les a vu se balader de personnes à personnes, engendrant un flot de messages d’incompréhension de votre part. Depuis, la RTBF a fait l’acquisition de perches qui par leur simple utilisation impose la distanciation.

Pour ce qui concerne les micros proprement dit, Stéphane Muret explique : " nous avons opté pour une solution qui est à la fois extrêmement simple et sûre, qui nous évite de manipuler des protections supplémentaires comme des charlottes qui sont conçues pour le secteur alimentaire ou encore des films plastiques comme on en a vu sur certaines chaînes. Car c’est en les changeant et en les enlevant, en faisant des manipulations, que l’on risque de faire des erreurs et d’arriver à une contamination. "

Les bonnettes, cette mousse qui entoure le micro, doivent être désinfectées avant et après chaque usage avec de l’alcool isopropylique à 70 %. La personne qui manipule la bonnette se nettoie également les mains. C’est la meilleure solution nous dit Stéphane. Elle est simple et efficace pour protéger nos techniciens et journalistes. Car si un virus peut atterrir sur le micro, il ne saute pas des bonnettes vers le visage des personnes interrogées. Aux journalistes et aux cadreurs d'être également attentifs et d'éviter de toucher la bonnette en manipulant la perche.

Ces dispositions, l’auditeur ne peut en avoir conscience si on ne les lui explique pas. Idem pour le téléspectateur qui ne voit rien de l’application de ses mesures d’hygiène sur l’écran. On comprend donc le nombre important de questions qui sont parvenues à ce sujet.

Comment ça se passe ailleurs ?

Comme souligné par Stéphane Muret, d’autres chaînes de télévision ont opté pour des protections supplémentaires. Cette solution n’est pas celle que la RTBF préfère mais nous devons préciser que les mesures décrites ci-dessus sont celles que la RTBF applique aujourd’hui. Il est plus que probable qu’elles évoluent et qu’elles évoluent même rapidement. Pourquoi ? Parce que l’approvisionnement en produit désinfectant est difficile. La pénurie est là. A la RTBF, deux personnes sont d’ailleurs dédiées à la recherche de produits désinfectants. Cette situation de pénurie obligera l’entreprise à s’adapter encore durant les prochains jours. En s’inspirant aussi de ce qui se fait ailleurs.

>>> Retrouvez d'autres coulisses et réponses à vos questions sur la page INSIDE de la rédaction.