Lilly au 16 rue de la Loi

Lilly au 16 rue de la Loi
Lilly au 16 rue de la Loi - © Tous droits réservés

Je vous parlais précédemment de la rapidité qui était parfois exigée dans notre métier. Mais il est d’autres situations où il faut plutôt faire preuve d’une bonne dose de patience.  C’est notamment le cas pour les journalistes politiques qui font régulièrement le pied de grue devant le 16 Rue de la loi pour intercepter les ministres avant et après des réunions importantes. L’expression " prendre son mal en patience " prend alors tout son sens, car il n’est pas rare de poireauter, sans un politique à l’horizon, pendant plusieurs heures d’affilée. Quand il fait 20 degrés et que le soleil brille, ça passe encore. Mais quand il fait un temps de chien, c’est beaucoup moins sympa…

"J’ai déjà attendu toute une nuit dehors"

Dans une rédaction, certains se spécialisent naturellement dans le suivi des affaires politiques journalières. Fabien Van Eeckhout est de ceux-là. Et il confirme, les heures d’attente varient, mais sont parfois longues : "Aujourd’hui, c’est une réunion entre le Premier ministre et les syndicats de Proximus, en une heure ça devrait être fini. Par contre, j’étais là au moment des négociations qui ont abouti à la désignation de Charles Michel comme Premier ministre. On était au 16, rue de la loi à 14h, et on est resté planté devant jusqu’au lendemain matin à 8h".

 Comme il l’explique, ces heures d’attente sont souvent passées avec les mêmes personnes : "C’est clair qu’il y a un noyau dur de 15-20 personnes, on voit toujours les mêmes venant des mêmes médias. Et en général, on a d’excellents rapports avec les journalistes des autres rédactions". D’excellents rapports, donc. Mais dès qu’un politique finit par pointer le bout de son nez, les affaires reprennent : "A ce moment-là, c’est un peu comme une chorégraphie. Chacun veut se placer au mieux, et parfois c’est la bousculade. Souvent, cela reste assez cordial, mais il  arrive qu’un ou deux journalistes jouent aux déménageurs. Moi, maintenant, je sais exactement comment me placer, je suis toujours dans le bon axe". 

Une posture parfois "désabusante"

Pour Fabien Van Eeckhout, cette situation génère des sentiments contrastés"C’est parfois un peu désabusant de se dire qu’on a fait 5 ans d’études pour se retrouver à courir après des voitures dans laquelle on reconnaît un ministre. Mais dans certains cas, c’est vraiment nous qui sommes au plus proche de l’info, comme quand la N-VA a finalement été exclue du gouvernement. On se retrouve alors en premiére ligne - même sous la pluie - face aux ministres nationalistes, dont Jan Jambon, qui viennent de claquer la porte...Ces moments-là sont importants".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK