Le journalisme politique selon Pierre Magos: un travail qu'on fait sérieusement sans se prendre au sérieux

Soir Première, 30/11/2018
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Soir Première, 30/11/2018 - © RTBF

Après 35 ans de journalisme politique à la RTBF, Pierre Magos s’en va vers d’autres aventures, d’autres projets.

Notre collègue Arnaud Ruyssen en a profité pour dresser son portrait dans Soir Première vendredi. Au travers de ces quelques mots, c'est une manière de faire du journalisme politique qu'il a esquissée. 

Creuser, lire, passer des coups de fil pour être sûr que derrière le dernier tweet se cache une vraie info 

"Pierre et son bloc note", nous rappelle-t-il. Pierre qui écrivait encore à la main ses analyses pour Soir Première. Vous l'imaginez, parcourant les couloirs de Reyers en direction du studio. Voilà pour la forme, mais Pierre, c’est surtout du fond:  un journaliste qui n’a jamais sauté sur le premier buzz qui passait. "Tu creuses, tu lis, décrit Arnaud, tu passes des coups de fil pour être sûr que derrière un titre ou un tweet, il y a bien une vraie info plutôt qu’un énième feu de paille. A l’heure où le licenciement d’un polémiste dans une chaîne concurrente fait dix fois plus de bruit que l’adoption d’un projet de loi important, cette conscience journalistique-là est essentielle et tu nous l’as rappelé souvent". 

Pierre, qui rappelait aussi la " beauté " de la politique.

La politique au sens noble du terme

"En ce moment, enchaîne Arnaud, on a surtout tendance à en voir les travers : les affaires, l’électoralisme peu reluisant, la lutte des égos plutôt que la bataille des idées mais à ne voir que ça, et surtout à ne montrer que cela, on risque d’alimenter un 'tous pourris' qui ne représente pas fidèlement le monde politique et qui risque de dégénérer en un rejet complet des institutions. Alors qu’on connaît l’engagement profond d’un certain nombre d’hommes et de femmes politiques qui font de la politique au sens noble du terme ".

De quoi émouvoir celui qui n'était pas du genre à laisser transparaître ses émotions à la rédaction. 

Contrairement à ce que dit Bart De Wever, il n’y a pas deux démocraties 

Pour la dernière "Semaine de l'info" de Pierre Magos, Arnaud Ruyssen avait invité ses deux plus anciens compagnons de route : Marc Sirlereau, aussi journaliste politique à la RTBF et Johny Vansevenant, journaliste politique à la VRT. L’occasion pour Pierre d’apposer, même sur son amitié pour Johny, un regard d’analyste politique. "Ça montre qu’en Belgique, contrairement à ce que dit Bart De Wever, il n’y a pas deux démocraties, mais DES opinions publiques. Et ces opinions publiques ne sont pas forcément en choc frontal. Elles peuvent bavarder, se concilier, échanger. Johny et moi on se parle presque tous les jours de politique, de cyclisme ou de la vie tout simplement".

On vit, on parle, on mange et on dort ‘politique’

Quant à son travail quotidien, il ne peut qu’y associer son ami Marc. "Marc et moi, on vit, on parle, on mange, on dort ‘politique’ depuis 20 ans. Parce que c’est notre univers, parce qu’on aime ce métier, parce qu’il y a une vraie mission, qu’il y a une raison de faire ça sérieusement et de ne pas prendre ça par-dessus la jambe".

Il y a une raison de faire ça sérieusement mais pas en se prenant au sérieux  

"Je crois que c’est un esprit qu’on a dans notre cellule politique, on forme une belle petite bande et travailler dans cette sérénité intellectuelle, c’est peut-être ça qui permet tout ce que vous avez eu la gentillesse de me dire ce soir".

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