INSIDE, un projet de la rédaction et de la médiation... Mais la médiation à la RTBF, c'est quoi ?

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Vous avez tous déjà entendu parler d’ombudsman. Ça signifie médiateur en Suédois. En suédois parce que la médiation est née en Suède, au début du 19ème siècle. Et depuis, elle a fait du chemin… Quelle est l'évolution du concept et comment ça se passe à la RTBF ?

Un peu d'histoire... de l’ombudsman à la médiation culturelle

Dans la presse, le premier “ombudsman” apparaît aux États-Unis en 1913. C'est un journaliste. Son rôle : “porter la parole des lecteurs auprès de la rédaction”.

Il faut attendre les années '80 pour voir la presse européenne emboîter le pas aux Etats Unis. Les profils varient selon les entreprises, mais la fonction reste grosso modo la même. On attend du médiateur qu'il mette en place un dialogue entre les journalistes et les publics. Il reçoit les réclamations, y répond, explique les décisions éditoriales et possède un pouvoir d’influence au sein de la rédaction dans le but d’inciter à la réflexion sur les pratiques journalistiques.

Les faits montrent que le rôle n’est pas aussi évident à remplir. L’influence du médiateur dépend de la légitimité qu’il a et de celle qu’on veut bien lui donner.

D'un service public audiovisuel à l'autre, le rôle et les prérogatives du médiateur prennent des formes différentes. Ancien journaliste mandaté pour trois ans (Canada), journaliste (France) ou juriste indépendant (Suisse), le médiateur dispose de statuts et de méthodes de travail variés.

Le rapprochement culturel, indispensable pour se comprendre

Aux débuts des années ’90, le concept de médiation s’installe dans les milieux culturels (les musées notamment). Son but est de rendre ces espaces moins rigides en sortant de la présentation vitrine et de l’interprétation unilatérale des oeuvres d’art. Le concept de “médiation culturelle” naît de cette évolution (et donne naissance à ce qu’on appelle aujourd’hui les nouveaux musées). Le but est le rapprochement culturel, devenu indispensable pour se comprendre. La multiplication des approches, qu’il s’agisse d’interaction, d’immersion, de jeux ou de parcours thématiques à l’intention des publics offre la possibilité d’être acteur de sa découverte et de sa connaissance. Ces nouvelles pratiques fonctionnent et sont appréciées des publics. Les médias publics vont les développer. Radio France renforce sa médiation culturelle dès 2014, la RTS rejoint la tendance en 2016. Quant à la BBC, elle est loin d’être en reste et a largement de quoi inspirer.

Et à la RTBF ?

A cheval entre éducation aux médias et médiation culturelle, la RTBF faisait déjà des visites thématiques et des ateliers d’immersion (RTBF Lab) dès 2009. La rédaction ne compte pas d'ombudsman de presse. A la RTBF, nous avons une médiatrice (celle qui écrit ces lignes...). Le rôle de la médiation est de répondre aux questions des publics (pas seulement concernant l’info d’ailleurs), de les relayer en interne dans le but d'améliorer les pratiques. Il faut reconnaître qu'il est difficile d'avoir une réelle influence sur les pratiques journalistiques sans être membre de la rédaction. Et que la médiation est une notion qui reste floue et qui a du mal à trouver sa place. Sans doute parce qu’elle a peu évolué depuis le premier contrat de gestion de la RTBF, qui l’instituait. C’était en 1997.

Le principe de base de la médiation est l'enrichissement mutuel

C’est en effet le principe : mieux se comprendre, partager des points de vue dans un esprit et un but constructif. Pour remplir ce rôle, on a pris le pari à la RTBF de mêler plusieurs formes de médiation : une médiation éditoriale et une médiation culturelle. Pourquoi ? 

Hormis les réactions qui portent sur une question précise, les messages et critiques que nous recevons de vous font état de deux grandes problématiques : la crise de confiance dans le travail journalistique d’une part, la méconnaissance des pratiques journalistiques et médiatiques d’autre part.

Faire de la médiation uniquement en répondant à des mails, ça ne marche pas ou en tout cas, ça ne suffit pas. On sait tous que l’écran justement fait écran et qu’à travers un texte lu, les interprétations peuvent nuire au dialogue. Si bien qu’en vous répondant, parfois on fait pire que mieux.

Pour faire une médiation efficace, il faut se rapprocher du terrain et donc des gens. 

A côté de la médiation éditoriale, qui participe à l’explication des choix éditoriaux et qui ne peut pas se faire sans la participation des journalistes (cfr. INSIDE), nous développons aussi la médiation culturelle pour rapprocher les mondes et leurs réalités : la réalité des journalistes et celle des publics. Cette médiation se concrétise par la rencontre physique et l’échange, au travers de plusieurs actions, notamment des visites guidées et des ateliers d'immersion, que vous retrouvez aussi sur INSIDE.

 

 

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