Gagner de l'argent grâce à une vache? Non, François De Brigode n'a jamais dit ça

Gagner de l'argent grâce à une vache ? Non, ce n'est pas François De Brigode qui le dit (contrairement aux apparences)
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Gagner de l'argent grâce à une vache ? Non, ce n'est pas François De Brigode qui le dit (contrairement aux apparences) - © Tous droits réservés

C’est un photomontage grossier qui circule sur Facebook. On y voit le présentateur du JT devant un écran vantant « l’investissement cheptel ». Un investissement dans une vache laitière qui est censé rapporter 4 à 7% et ayant soi-disant fait l’objet d’un reportage au Journal télévisé. Le logo du 19h30 a beau figurer au bas de l’image, il s’agit bel et bien d’une pure invention.

François De Brigode a été mis au courant par un ami. Il a immédiatement signalé sur son mur Facebook et son compte Instagram que son image était utilisée sans son consentement. « C’est désagréable car ça pue le détournement d’argent », réagit le présentateur.

S’agit-il d’une arnaque ?

Le procédé étant plus que douteux, il s’agit vraisemblablement d’une arnaque pure et dure. Pour le commissaire Olivier Bogaert, de la Computer Crime Unit, on est ici probablement face à un cas classique d’escroquerie. « Derrière ce type d’annonce, on invite les gens à faire des démarches de paiement, des placements où les personnes vont devoir avancer des sommes d’argent », expose-t-il. « Pendant un certain temps, elles voient arriver des revenus intéressants et puis tout à coup, on leur dit qu’on a un versement miracle à effectuer. Emballées par les premiers résultats, elles se laissent aller et elles vont à ce moment-là envoyer des sommes d’argent importantes qu’elles vont perdre. On est dans une volonté d’amener les gens à ouvrir leur portefeuille ».

D’autres personnalités de la RTBF ont récemment vu leur image utilisée de manière similaire. C’est par exemple le cas de Maureen Louys, citée dans un article monté de toutes pièces et faisant croire qu’elle faisait la promotion de crèmes de jour… La présentatrice a alerté les internautes sur son mur Facebook.

Qui y croit ?

Les internautes tombent-ils dans le panneau ? Pas forcément. « Même des gens que je ne connais pas m’ont contacté pour me dire ‘attention arnaque’», poursuit François. Mais qui sait combien se seront malgré tout laissé berner ?

L’utilisation du décor du JT et de l’image de personnalités publiques mise sur le sentiment de confiance, le côté « vu à la télé ». « Concernant les promesses de rendement financier, on se retrouve avec beaucoup de personnes âgées qui tombent dans le piège car leur carnet d’épargne ne rapporte rien ou que leur pension est assez faiblarde », explique Olivier Bogaert. « Utiliser l’image des vaches, c’est jouer aussi sur cette tendance du retour à des circuits courts, à la capacité de refabriquer du lait dans nos régions, de ne plus devoir importer », complète Olivier Bogaert. « Des gens peuvent se dire qu’ils participent à l’amélioration de leur environnement tout en gagnant de l’argent… »

Quel réflexe ?

Un premier réflexe serait par exemple d’aller voir dans un moteur de recherche si le JT de la RTBF a effectivement parlé de ce placement ou pas. Ne pas tomber dans le piège de l’impulsivité. Se souvenir de rester prudent face à des promesses particulièrement alléchantes, qu’il s’agisse de produits financiers ou de crèmes de beauté. Pour lutter contre la propagation de l’annonce, on peut aussi la masquer et la signaler comme « indésirable » à Facebook, en cliquant sur les trois petites boules en haut à droite de l’image.

Si vous pensez avoir été trompé par ce type d’arnaque, vous pouvez vous rendre sur la plateforme du SPF Economie à l’adresse pointdecontact.belgique.be et signaler votre problème. Vous recevrez un avis et les services compétents analyseront votre signalement. Celui-ci pourra donner lieu à une enquête, dont la complexité augmentera si les auteurs sont à l’étranger ou qu’ils ont masqué leur identité.

La RTBF a pour sa part déjà entamé des démarches juridiques par le passé et a obtenu gain de cause, ce qui n’empêche pas que l’exécution de ce type de jugement à l’étranger soit particulièrement compliquée.


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