"Footgate", "Kazakhgate", "Fortisgate"… mais d'où viennent donc ces "-gate"?

Footgate", "kazakhgate", "fortisgate"… mais d'où viennent donc ces "-gate" ?
Footgate", "kazakhgate", "fortisgate"… mais d'où viennent donc ces "-gate" ? - © YORICK JANSENS - BELGA

Vous avez remarqué ? Plus aucun scandale n'éclate sans que très vite, il soit rebaptisé "-gate" ("porte", en anglais). Le dernier en date remonte au 10 octobre. Ce jour-là, le monde du football belge se prend un uppercut de la justice belge. Deux cents policiers mènent des perquisitions dans tout le pays. On parle d'organisation criminelle, de blanchiment d'argent, de corruption… Cela vaut bien un "-gate". Ce sera le "Footgate". Ou "Footballgate". Ou "Footbelgate". 

Récemment le monde politique a aussi eu son scandale en "-gate". Le "Kazakhgate" a mêlé gros sous et trafics d'influence dans les plus hautes sphères de l'Etat. Nos distingués amis british ne sont pas en reste : le "Camillagate" avait mouillé le Prince de Galles. Nous sommes en 92, Camilla est la maîtresse de Charles depuis des années. Diana est encore en vie. Une cassette audio révèle une conversation très privée au grand public : "Oh God, disait le prince Charles, j'aimerais vivre dans ton pantalon". So shocking… Les royals méritaient bien leur "gate".

La porte devenue scandale

Le mot anglais "gate" signifie "porte". Mais d'où vient donc cette obsession des portes ? Qu'ont-elles de si scandaleux ? Le suffixe est tiré du fameux scandale du "Watergate" qui éclate en 1972 et qui aboutit à la démission du président Nixon. Son entourage avait placé sur écoute des démocrates, au sein même du siège du parti, dans le fameux immeuble du Watergate, qui lui-même tire son nom d'une écluse située à proximité.

Quatre ans plus tard, en 1976, éclate le "Koreagate", une affaire d'influence entre des sud-coréens et des députés démocrates. Le suffixe est repris, la tradition est née et elle traversera l'océan les mois suivants. 

Footgate? Footballgate? Footbelgate?

Les perquisitions massives dans le milieu du football belge ont lieu le dix octobre. Dès le lendemain, La Dernière heure est le premier média à sortir le "Footgate" de son chapeau. A la rédaction de la RTBF, on embraye immédiatement.

 Le 'footgate', c'est tellement efficace

Mais pourquoi ne l'avons-nous pas nous-mêmes utilisé lors de la longue émission spéciale diffusée la veille sur la Une télé ? Le chef de la rédaction des sports, Michel Lecomte, nous explique que "dans une émission de télé et en radio, on a davantage le temps d'expliquer au travers des expressions qu'on peut développer, comme par exemple 'l'opération mains propres' ou encore 'les affaires de corruption qui touchent le football belge', mais en presse écrite et sur le net, ajoute-t-il, le 'Footgate', c'est tellement efficace". Le mercredi soir, on n'avait donc pas encore ressenti le besoin pressant de nommer l'affaire. Le lendemain, les articles s'accumulent sur notre site internet. La concision du terme "Footgate" séduit. Vous avez peut-être aussi entendu "Footballgate" sur nos antennes. 

A L'Echo, on a opté pour le "footballgate", au Soir pour le "footbelgate". Il y a presque de quoi s'emmêler les pinceaux… d'autant que d'autres révélations - internationales celles-là - sortent également sur le monde du foot : c'est le "Fifagate" appelé par d'autres médias "Football Leaks",… mais ça, ce n'est plus une histoire de porte, plutôt une histoire de fuites.

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