Crise du coronavirus : quelle distance critique dans notre info?

Le masque, symbole d'un discours officiel qui a fait volte face et que nous avons relayé sur nos antennes. Quelle distance critique face à cette épidémie hors norme, en tant que journalistes?
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Le masque, symbole d'un discours officiel qui a fait volte face et que nous avons relayé sur nos antennes. Quelle distance critique face à cette épidémie hors norme, en tant que journalistes? - © THIERRY ROGE - BELGA

Le virus circule toujours. Mais ça y est, nous sommes au bas de cette courbe dont l’aplatissement était devenu l’objectif numéro un, pour que notre système de santé encaisse le choc. La Belgique se déconfine. C’est (semble-t-il) la fin d’un cycle de l’épidémie, la fin d’un cycle pour notre info aussi.

"Soyons honnêtes, ce coup-là, on ne l’avait pas vu venir", écrivait mon collègue Arnaud Ruyssen au mois d’avril, dans un article (La Revue Nouvelle) sur la "leçon d’humilité journalistique" assénée par cette crise inédite. En effet. Nous n’avions pas imaginé la tournure que prendraient chez nous, si rapidement, les événements. "Comment informer quand on est face à l’inimaginable ? Comment donner des points de repère quand on est soi-même contraint de naviguer à vue ?", s’interrogeait encore Arnaud.


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"Ce qui est arrivé à l’ensemble de notre société nécessite un surcroît de modestie par rapport à l’appréhension qu’on a des choses", estime aujourd’hui Jean-Pierre Jacqmin, le directeur de l’Info à la RTBF.

Il y a trois mois, on pensait encore qu’il était possible d’identifier un patient 0, la maladie était comparée à une grippe – voire une "légère" grippe, on ne connaissait pas l’importance de la transmission par les personnes asymptomatiques, on ignorait que la maladie pouvait entraîner des réactions hyper-inflammatoires dangereuses, etc etc.

Dans l’émission CQFD (La Première) du 18 mai, qui tentait un premier bilan scientifique et politique, l’expert Marius Gilbert reconnaissait lui-même que, malgré son inquiétude au début de l’épidémie, il n’imaginait pas à ce moment-là l’ampleur des conséquences. "Moi, si on m’avait dit, à ce moment-là : ‘nos hôpitaux ne seront pas saturés, on va réussir à ralentir l’épidémie et à éviter cette situation à l’italienne’, je n’aurais pas imaginé qu’on arriverait à un bilan de 8000 décès aujourd’hui". (Ndlr : plus de 9000 le 18 mai, plus de 9500 ce 4 juin)

Revoir l’émission CQFD du 18 mai 2020 :

On doit toujours avoir une part de doute

"Ça nous met dans quelque chose que finalement j’aime bien, journalistiquement parlant : l’incertitude doit rester un élément qui doit toujours nous habiter", commente Jean-Pierre. "On doit toujours avoir une part de doute. On l’avait énormément à ce moment-là mais peut-être pas au point d’imaginer qu’on allait oser fermer des cafés et restaurants en Belgique pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois, c’est juste impossible, mettre des entreprises à l’arrêt, impossible. Nous-mêmes à la RTBF, nous n’aurions jamais imaginé que nous allions pouvoir produire une qualité d’info avec plus de la moitié du personnel à distance, on s’est adapté".

Revoir cette vidéo sur l’adaptation de nos méthodes de travail (3 avril 2020) :

L’appréhension de cette épidémie et de l’ampleur de ses conséquences a énormément évolué, en peu de temps. Soudain, l’enjeu de santé publique est apparu hors norme. D’où une recherche pas si évidente du ton juste, de la juste distance, de la juste façon d’informer au fil des semaines qui se sont écoulées. Avec des questions sur notre positionnement en termes de responsabilité face aux enjeux sanitaires et sociétaux, entre protection des citoyens et nécessaire prise de recul critique.

Se mettre "à la hauteur de l’enjeu"

Sur la page INSIDE de la rédaction, on a commencé à vous parler de notre couverture du coronavirus dès le mois de février. Et la question du juste équilibre est très vite apparue comme centrale. D’abord perçu comme un phénomène lointain et intriguant, réunissant tous les ingrédients d’une "bonne histoire médiatique", on se demande, déjà, "comment informer sans semer la panique". Puis, suite aux réactions d’une partie du public, on se demande si "on en fait trop". Cet article-là date du 6 mars. C’était la semaine qui suivait le retour des congés de Carnaval. Une semaine charnière, pour la Belgique, comme pour notre couverture de cette info.

Pour cet article-là, le directeur de l’Info, Jean-Pierre Jacqmin, nous avait donné une interview (le 3 mars), qui aura aussi fait l’objet d’une capsule vidéo pour les réseaux sociaux. Elle est en phase avec la façon dont la rédaction appréhendait la pandémie à ce moment-là. On ne pensait par exemple pas donner un bilan des chiffres tous les jours pendant des semaines (ce qu’on fait pourtant toujours à l’heure d’écrire ces lignes, trois mois plus tard).

Ce petit coronavirus est devenu le nombril du monde

"Le monde ne va pas s’arrêter avec le coronavirus", disait-il également. C’est vrai, mais tout de même, dit-il aujourd’hui avec le recul, "quelque part, ce petit coronavirus est devenu le nombril du monde." Et on lui a finalement consacré une couverture bien plus importante que ce qu’on imaginait, puisqu’il a littéralement monopolisé notre info jusqu’à très récemment (sur INSIDE, nous vous en parlions dans cet article, et celui-là, au mois de mai). Il s’agissait, disait-il encore, de "mettre les choses à la hauteur de l’enjeu". C’est-à-dire ? "C’est une crise sanitaire, on en a vécu d’autres, il y a eu la grippe mexicaine, le SRAS, le H1N1. Donc il faut mettre ça à juste proportion". On s’est ensuite rendu compte que les autres crises sanitaires n’étaient finalement pas des références si pertinentes que ça pour appréhender cette crise-ci, qui a posé (et pose encore) d’autres défis.

Revoir la vidéo, mise en ligne après la semaine de Carnaval :

"La hauteur de l’enjeu c’est quelque chose qui ne se décrète pas à l’instant t pour les autres instants qui vont suivre, les autres semaines", commente Jean-Pierre Jacqmin. "Mais quand je revois cette interview, je me dis que ce qu’une rédaction doit faire, c’est donner la hauteur de l’enjeu, c’est-à-dire ne pas ajouter de l’angoisse à l’inquiétude, ne pas faire du sensationnalisme." À nouveau cette question du juste équilibre, du juste ton, qu’on ne peut jamais affirmer avoir définitivement trouvé. Et qui peut difficilement faire l’unanimité, tant les attentes du public sont contrastées.

A la croisée des attentes

Cette impossible unanimité, c’est ce que constate par exemple Julie Morelle, présentatrice du JT et également vice-présidente de la SDJ (qui représente les journalistes en interne).

"Quand on lit les messages sur les réseaux sociaux, il y a des gens qui nous reprochent de semer la panique, de semer l’angoisse, il y en a qui disent l’inverse, qu’on est trop à vouloir suivre le message du gouvernement en voulant rassurer alors que c’est inquiétant – on sent que les perceptions sont différentes et nous, on doit essayer de trouver la ligne juste en faisant notre boulot", dit-elle. "Il ne faut pas angoisser les gens, il ne faut pas rassurer quand il n’y a pas lieu de rassurer, donc on tâtonne aussi pour trouver le bon ton".

On tâtonne aussi pour trouver le bon ton

Au fil de ces semaines, nous avons été interpellés à maintes reprises sur notre responsabilité face à l’enjeu sanitaire. A nous de donner l’exemple, dans nos comportements sur antenne, à nous d’être cohérents et clairs dans les messages sanitaires transmis, nous disait-on. Au point de voir arriver une avalanche de réactions quand nous avons montré des familles ne respectant pas à la lettre les consignes de distance physique lors des retrouvailles familiales de la fête des mères. Une partie du public a attendu de nous que nous mettions l’accent sur un rôle inhabituel pour nous : celui de participer activement à la protection de la population, en devenant un relais pratiquement institutionnel des consignes sanitaires. Nous avons exploré cette question dans cet article : "Les journalistes doivent-ils taper sur le clou des consignes sanitaires ?".

Revoir le sujet sur les retrouvailles qui a suscité de nombreuses réactions (Journal télévisé, 10 mai 2020) :

#superdécevant

Mais, dans le même temps, une partie du public nous a reproché de faire en quelque sorte corps avec les autorités et les experts, d’être les relais d’une parole officielle, sans jouer suffisamment notre rôle de questionnement critique. "Vous êtes censé être dérangeants et poser de vraies questions, merde", s’énervait ainsi un internaute sur Facebook à la mi-avril, pour prendre un exemple parmi d’autres. "J’en parle avec des amis : on continue à regarder le JT pour savoir ‘ce que le gouvernement veut qu’on croie’. Mais pour ce qui est de poser les questions qui peuvent déranger l’ultra-arrogante Sophie Wilmès, et les experts à deux balles qui nous ronronnent la même chose tous les jours… Où est passé l’esprit d’investigation ???" Et de conclure : " #superdécevant ". Tel autre : "Dites, au lieu de relater platement l’info, ne rentreriez-vous pas un peu dans le lard de tous ces politicards et autres 'experts', à l’instar de CNN aux EU ou Quotidien en France, ces derniers ayant quelques jeunes journalistes-investigateurs aux dents longues qui font PARTICULIÈREMENT BIEN leur boulot !". D’autres s’interrogent sur les choix de gestion de la crise en comparaison avec d’autres pays, nous demandant d’aller creuser.

Ces attentes différentes, et qui suscitent des réactions parfois contradictoires, sont-elles irréconciliables ? "Ce ne sont pas deux missions inconciliables, pas du tout. C’est l’intérêt général qui prime et l’intérêt général n’est pas celui du gouvernement, n’est pas celui des pouvoirs", commente Benoît Grevisse, responsable de l’Ecole de journalisme de Louvain. Pour lui, il faut distinguer des phases dans le traitement de l’information, dans les médias de façon générale. "A partir du moment où les journalistes ont de bonne foi l’impression qu’il y a un enjeu de santé publique énorme, ils doivent répercuter les messages que les autorités demandent de répercuter. A un moment où l’intérêt général, abstrait de tous les intérêts politiques, est d’informer au mieux le public, comment peut-on le faire autrement à ce moment-là qu’en allant chercher la parole officielle et à la répercuter ? Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas s’interroger sur les motivations de ses sources et mettre en critique l’information". Selon ses observations, il y a eu une montée en puissance de la critique journalistique des sources au fil des jours.

Pour Laura Calabrese, spécialiste du discours médiatique que nous avions également interrogée pour cet article, il faut également distinguer le court terme, spécifique dans ce cas-ci (avec cette urgence : "tenir les gens informés pour pas qu’ils chopent le virus") et le plus long terme (ou l'habituel): "La mission traditionnelle du journaliste d’information est de nous donner les outils pour qu’on puisse voter, manifester, prendre des décisions sur la consommation et donc le rôle de critique de l’Etat et de la sphère politique est fondamental".

Nous nous trouvons à la croisée de plusieurs responsabilités. Quel chemin avons-nous suivi ?

Urgence vs distance

Dans un premier temps, dans ce contexte particulier, il faut dire que le recul critique – et les questions qui "rentrent dans le lard" – ne sont pas évidents.

Tu n’es pas dans un état d’esprit où tu veux créer la polémique

"Au début de la crise, on sent qu’on est face à un truc auquel il faut faire face, où tout le monde est en perte de repères et c’est vrai que spontanément, tu n’es pas dans un état d’esprit où tu as envie de créer la polémique, tu es plutôt dans un état d’esprit où il faut plutôt conscientiser sur le fait qu’on est en train de traverser quelque chose d’inédit", explique Julie Morelle. "On est un média de service public donc je pense qu’il faut quand même qu’on assume ce rôle de faire prendre conscience que la situation est grave et qu’il faut respecter les mesures du gouvernement. Donc on garde son esprit critique, on ne l’oublie pas, mais on est peut-être un peu moins dans un esprit à aller chercher la faille, tout au début. Je pense que le rôle du journaliste est toujours d’essayer de prendre un maximum de recul, mais au début de la crise c’est une mission assez difficile".

Ce sentiment d’urgence sanitaire a été bien présent à la rédaction, quand tout le monde avait les yeux rivés sur l’évolution de la courbe, qui ne fléchissait pas, et la tête pleine des images d’Italie et de son système hospitalier complètement dépassé.

Revoir le reportage du JT sur l’intervention de l’armée dans les hôpitaux en Italie (19 mars 2020) :

Protégez-vous, restez chez vous

"Nous avons été le relais d’éléments qui sont un peu contre-nature par rapport au journalisme", estime Jean-Pierre. "Le journalisme, c’est quand même la liberté d’aller et venir, la revendication de se rendre dans des endroits pour enquêter et la liberté de mouvement pour les citoyens. Et on terminait nos journaux en disant ‘protégez-vous, restez chez vous’, c’est un peu interpellant mais en même temps c’est une réalité, c’est une manière de participer à la société."

On a conscience aussi de l’impact que les journaux peuvent avoir sur le maintien ou non des efforts jugés nécessaires par les experts pour éviter le même type de situation chez nous. Julie se souvient ainsi d’un week-end où on se demandait à la rédaction s’il n’était pas trop tôt pour parler des pistes de déconfinement sur lesquelles la réflexion commençait, alors qu’on était dans le pic et qu’il faisait beau dehors et qu’il "fallait encourager tout le monde à rester chez soi et pas à aller se dorer au soleil."

J’étais à la rédaction ce jour-là, comme journaliste pour le JT, et je partageais ces interrogations. Julie a finalement bien abordé le thème avec Marius Gilbert en plateau (qui est l’un des visages majeurs de l’expertise sur nos plateaux, comme nous en parlions dans cet article), non sans mises en garde.

Revoir l’intervention de Marius Gilbert (Journal télévisé, 5 avril 2020) :

Le sentiment d’urgence est aussi d’abord bien présent chez les interlocuteurs, qui se gardent dans un premier temps de toute polémique, y compris politique. "Puis au fur et à mesure que les failles apparaissent dans la gestion de la crise, de l’apparition de divergences chez les scientifiques, on prend de plus en plus de recul", poursuit Julie.

Il n’y a pas de volonté de cacher mais on est parfois aveuglé nous aussi quand il n’y a pas de voix dissonante.

L’un des exemples les plus criants, c’est la question des masques. "Je me souviens qu’on diffusait ce message que le masque comportait plus de risques que de bienfaits (si on le met mal). A partir du moment où un certain nombre de scientifiques nous le disaient, il n’y avait pas vraiment de raisons de le mettre en doute, sauf qu’après on se rend compte que c’est un message qui est assez bien dirigé", explique Julie. On s’est en effet rendu compte que la disponibilité des masques (en lien avec la gestion, ou non-gestion, de stocks stratégiques) avait joué sur les consignes. "Ce qu’on a dit sur les dangers du masque n’était pas faux en soi, c’est juste qu’on a plus insisté sur les aspects négatifs à un moment donné. Peut-être qu’on n’a pas suffisamment été critiques nous à ce moment-là. Il n’y a pas de volonté de cacher mais on est parfois aveuglé nous aussi quand il n’y a pas de voix dissonante."

Et nous avons ensuite multiplié les reportages pour expliquer comment bien le choisir, le porter, le laver ou le jeter.

Revoir par exemple ce mode d’emploi diffusé au Journal télévisé le 5 mai 2020 :

Le monde politique est de plus en plus interpellé au fil du temps, notamment la ministre de la Santé Maggie De Block par rapport à la question de l’anticipation de la crise et de l’appréciation du risque posé par ce nouveau coronavirus. Les Conseils nationaux de sécurité et les décisions qui en découlent sont abondamment commentés et discutés (on se souvient de la polémique sur la non fermeture des salons de coiffure ou encore sur la communication tardive et confuse du 24 avril). Les reportages de terrain, en particulier dans les maisons de repos (moyennant des précautions dont nous vous parlions ici), permettent de confronter les discours et les intentions aux réalités et de mettre en lumière des problèmes. Des comparaisons sont effectuées avec la gestion ou l’évolution de l’épidémie dans d’autres pays – ce qui correspond à une attente exprimée par le public, tout en étant suscitant de grandes réserves chez les experts qui estiment qu’il est encore tôt pour tirer beaucoup de conclusions.

Le recul, c’est aussi celui qu’on prend à mesure qu’on connaît et qu’on situe mieux les experts, justement. "On voit qu’il y en a qui mettent l’accent sur certains points plutôt que d’autres, d’où aussi le débat : est-ce que ce sont des consultants, quel rôle ils jouent ? Est-ce qu’à un moment ils se substituent à des journalistes experts, où est-ce qu’ils restent des extérieurs et il faut multiplier les points de vue ?", résume Julie. Entre les experts porte-parole, les experts qui font partie de groupes de réflexion, les experts académiques et ceux de terrain, les experts plus rassurants ou plus alarmistes, la nuance et le discernement sont de mise. Ces réflexions existent au sein de la rédaction, dès le début d’ailleurs, mais ne se voient pas forcément sur antenne.

Revoir le sujet du JT sur "ceux qu’on n’a pas écoutés" (9 mai 2020) :

Et l’esprit d’investigation ?

Le JT concentre visiblement beaucoup d’attentes. Pour Julie, le rôle de ce rendez-vous quotidien est de "donner des éléments qui permettent de réfléchir", de la façon la plus complète possible. "Je pense que ce qui est essentiel, c’est qu’on ait dans le JT tous les éléments qui permettent de comprendre une situation qu’on est en train de vivre, avant tout", complète-t-elle. "Comprendre ses répercussions, ses implications politiques, sanitaires, économiques, sociales. Notre responsabilité peut-être, c’est d’avoir une vision globale qui n’oublie aucun aspect. Après on n’est pas là pour dire aux gens ce qu’ils doivent penser."

Ouvrir des fenêtres, réfléchir aux lendemains, c’est aussi une volonté, qu’on retrouve en particulier dans la nouvelle séquence dominicale, "Ma vie demain". "Maintenant, pour mener une enquête en profondeur sur ces sujets sur lesquels il y a peu de communication, les méthodes de travail du JT ne sont pas adaptées". D’autres émissions prennent le relais.

A ceux qui dans le public sont en attente de davantage d’investigation, par exemple sur la gestion politique ou l’anticipation des risques, sachez que des enquêtes sont en cours.

"Très vite, on s’est dit qu’il fallait aller gratter", dit Jean-Pierre Jacqmin. "Juste avant les vacances de Pâques, on s’est dit qu’il fallait lancer des enquêtes mais ces enquêtes ne vont pas déboucher tout de suite." Pour gratter, il faut un peu de temps et des méthodes de travail spécifiques. Le résultat pourra être vu en particulier dans l’émission #Investigation. Les émissions de débat en radio par exemple ont leur rôle à jouer également pour mettre les faits en perspective et aller plus loin dans l’analyse ou la mise en cause des politiques menées. En donnant plus de temps de parole aux invités pour développer leur pensée. Sur le web aussi, des articles permettent d’aller plus loin.

Sur tous ces médias, passée l’urgence, a-t-on à présent trouvé la juste distance ? A-t-on trouvé le recul nécessaire, le ton juste ? Il y a de bonnes chances qu’il y ait autant de réponses que d’internautes, de téléspectateurs ou d’auditeurs. A la rédaction aussi, les appréciations peuvent varier.

Sommes-nous à "la hauteur de l’enjeu" ? Notre couverture tient-elle la route ? Cet article et les interviews qu’il contient paraîtront-ils bientôt décalés ? "On se retrouve dans trois, quatre mois pour faire une interview, pour voir si ce qu’on dit maintenant est encore valable", conclut Jean-Pierre Jacqmin.


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