Attentat de Strasbourg: on a encore été confronté au business des images

Police mobilisée en réaction à la fusillade de Strasbourg, le 11 décembre
Police mobilisée en réaction à la fusillade de Strasbourg, le 11 décembre - © FREDERICK FLORIN - AFP

Trois personnes ont perdu la vie et treize autres ont été blessées dans un attentat commis mardi soir à proximité du marché de Noël de Strasbourg. L'auteur de la fusillade est un français de 29 ans, Cherif Chekatt.

Dès hier matin, nous recevions un coup de fil à la rédaction. "Quelqu'un nous a appelés pour nous vendre des images, explique notre collègue Radia Sadani. On lui a demandé de nous les envoyer, pour pouvoir vérifier leur pertinence. Mais très vite, dans la conversation, il nous a laissé entendre qu'il les avait récupérées sur les réseaux sociaux avant qu'elles ne soient dépubliées par Facebook comme contenu inapproprié. Il n'était donc pas propriétaire de ces images qu'il voulait nous vendre".  

Nous recevons régulièrement des propositions de ce type. Un véritable business s'est développé ces dernières années autour des images d'attentats et de catastrophes. Notre collègue Quentin Warlop se souvient de cette scène surréaliste après l'assaut de Saint-Denis, cinq jours après les attentats de Paris. "Au maximum une heure après l'assaut, des riverains du quartier faisaient le tour de tous les médias internationaux qui étaient là, pour vendre des images de l'assaut", se rappelle Quentin.

Les médias anglo-saxons notamment sortaient du cash

"Ils faisaient monter les prix entre les journalistes, pour des images soi-disant exclusives. On n'a jamais acheté ce genre d'images, mais je me souviens des médias anglo-saxons notamment qui sortaient du cash pour payer les images. Et l'après-midi, je les ai entendus se plaindre que ces mêmes images qu'ils avaient payées jusqu'à 500 euros passaient aussi sur d'autres médias".

Cette fois-là, on n'a donc rien déboursé pour des images. Mais l'a-t-on déjà fait?

En règle générale, on n'achète pas d'images aux particuliers

A la RTBF, on achète régulièrement des images à d'autres médias, mais très rarement à des particuliers. "En France, c'est un très gros business, précise Bruno Clément, le rédacteur en chef du Journal télévisé. En Belgique, ça dépend des médias. Ce n'est pas dans nos traditions, à la RTBF d'acheter des images".

Prenons l'exemple de cet autre coup de fil arrivé à la rédaction un matin : un pompier nous appelle pour nous vendre des images d'incendie. On ne les achètera pas. On part du principe que l'accès à l'information doit être gratuit, et ne doit pas être monnayable. Ça, c'est le principe général qui régit notre attitude. Mais il y a des exceptions. "En 2016, on aurait pu acheter une image de l'arrestation de Salah Abdeslam par exemple. Si la vidéo était exclusive et qu'elle était vraiment parlante". L'achat n'avait finalement pas eu lieu car l'auteur de la vidéo s'était rétracté.

Dans tous les cas, pour décider d'acheter ou non une image, on se posera en priorité la question de la valeur informative de l'image et de son origine.  

>>> Retrouvez plus de coulisses sur notre traitement de l'information sur notre page INSIDE

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