Wallonie: les commerces des centre-ville de plus en plus menacés

Illustration: le centre de Louvain-la-Neuve
Illustration: le centre de Louvain-la-Neuve - © Archive RTBF

C'est un véritable cri d'alarme qu'a lancé l'Association du management de centre-ville. La situation des principaux quartiers commerciaux des agglomérations wallonnes se dégrade de plus en plus vite. Et quasiment plus aucune ville n'est épargnée.

L'Association du management de centre-ville mesure deux critères pour chaque quartier commercial: la densité, c'est-à-dire le pourcentage de commerces, et le nombre de surfaces vides. La meilleure situation, c'est facile: une grande densité et très peu de magasins non loués.

La pire, c'est une densité très faible et peu de surfaces non louées. Cela signifie en effet que les commerces sont redevenus des logements et qu'il n'existe plus d'espoir d'inverser la tendance. Cinq villes sont dans ce cas : Ath, Marche-en-Famenne, Nivelles, Soignies et Virton. Mais dix-sept autres villes sont soit en difficulté, soit déjà en crise. Il en reste quinze qualifiées de dynamique, mais une seul échappe au reflux généralisé. C'est Louvain-la-Neuve, un cas totalement atypique.

La crise joue un rôle

On entend souvent dire que la multiplication des grands centres commerciaux extérieurs explique les difficultés du commerce urbain et c’est plus que jamais le cas pour les responsables de l’AMCV pour qui il s’agit même de l'explication numéro 1. Mais le contexte socio-économique joue aussi un rôle selon Jean-Luc Calonger, président de l'AMCV : "C’est un élément en plus qui explique l’accélération de la dégradation. Beaucoup de commerçants ne parviennent plus à résister comme ils le faisaient il y a une dizaine d’année. Avant, ils tenaient deux ou trois ans alors que maintenant le commerce s’arrête beaucoup plus vite ". Ce coup dur frappe particulièrement les jeunes commerçants. Plus fragiles, ils ont de moins en moins de temps pour consolider leur enseigne.

La crise du commerce urbain s'aggrave mais elle n'est pas neuve. D’où cette question : cette évolution est inévitable? Pour certains experts, même parmi les promoteurs immobiliers, les centres commerciaux urbains ont un avenir. N'empêche que la tendance actuelle pousse toujours au développement des grands shoppings de périphérie.

Gare au schéma régional

Et le schéma régional de développement commercial, SRDC, actuellement en lecture au Parlement wallon ne rassure pas du tout Jean-Luc Calonger : "Les recommandations qui sont faites par agglomération sont rédigées de façon inouïe et en plus il y a juste trois lignes par agglomération. Ce n’est pas sérieux ! Ce serait une très mauvaise chose qu’un futur gouvernement wallon s’inspire d’un tel travail ". Pour l'Association du management de centre-ville le schéma régional n'est rien d'autre "qu'une machine a créer de nouveaux m² commerciaux". Sous-entendu, en périphérie des villes.

Michel Visart

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