Vous avez une voiture diesel et pensez la vendre? Ce sera difficile

Voiture d'occasion: la cote du diesel en chute libre
Voiture d'occasion: la cote du diesel en chute libre - © PAUL ELLIS - AFP

Depuis le scandale du "dieselgate" et surtout, depuis l'annonce des nouvelles règles en matière de "zone de basses émissions" à Anvers et Bruxelles (mais aussi ailleurs en Europe), la voiture diesel n'a plus la cote. Pour preuve, il y a eu plus de voitures à essence vendues (48,2%) que de voitures diesel (46,3%) en 2017, une première depuis 20 ans. Un changement de mentalité que l'on ressent aussi sur le marché de l'occasion. 

Concrètement, les véhicules diesel dont la norme est 0 ou 1 (des véhicules de plus de 15 ans) ne se vendent pratiquement plus, confirme Philippe Decrock, porte-parole de TRAXIO, ex-Federauto, la fédération des réparateurs et vendeurs automobiles. "Dans la plupart des cas, ils partent pour l'exportation en dehors de l'Europe". Autrement dit, ils vont polluer ailleurs.

Le diesel devient "le mouton noir"

Mais le problème ne s'arrête pas là. Cette décote concerne plus largement tous les véhicules diesel. Le propriétaire d'une voiture à la norme Euro 3 ou Euro 4 (des voitures de 8-10 ans interdites respectivement dès 2020 et 2022 à Bruxelles), par exemple, a déjà toutes les peines du monde à revendre sa voiture au jour d'aujourd'hui.

Même les sociétés de leasing, dont la flotte est généralement composée de 80% de véhicules diesel, en font les frais, affirme Philippe Decrock. "Le diesel devient un peu le mouton noir". C'est le cas chez nous, mais aussi en France et en Allemagne. Et cela ne devrait pas s'améliorer. 

Le tableau, ci-dessous, reprenant les cotes de reprise de Traxio, même s'il date du 31 janvier 2017, est déjà assez parlant :

Modèles (diesel en gras) Prix catalogue TVA incluse en janvier 2016   Revente après 1 an (janvier 2017, moyenne de 15 à 25.000 km/an)
BMW 316 i 28.250 euros  16.810 euros (60% du prix catalogue)
Citroën C3 Picasso 1,6 blueHDI 100 business 15.125 euros 9.380 euros (62% du prix catalogue)
Dacia Sanddero 1,5 dCi 75 Ambiance 10.700 euros 5.610 euros (52% du prix catalogue)
Ford fiesta 5p 1,25i 44 kW ambiente 14.000 euros 9.260 euros (66% du prix catalogue)
Hyundai i30 1,6 GDi joy 24.799 euros 13.580 euros (55% du prix catalogue)
Kia Cee’d  easy 1,4 crdi 20.640 euros 12.800 euros (62% du prix catalogue)
Mercedes E200 elegance edition e  46.948 euros 30.120 euros (64% du prix catalogue)
Opel Corsa 1,3 cdti 55kw s/s essential 15.700 euros 10.070 euros (64% du prix catalogue)
Renault clio dCi 75 business 15.790 euros 8.340 euros (53% du prix catalogue)
VW golf 1,6 crtdi 66 kw bmt trendline 22.760 euros 14.600 euros (64% du prix catalogue)
Volvo v60 D4 kinetic 36.120 euros 20.610 euros (57% du prix catalogue)

On le voit dans ce tableau, alors qu'au 31 janvier 2017 on ne parle pas encore de "zones basse émission" à Bruxelles (mais bien à Anvers), les cotes de reprise après un an pour les voitures diesel dépassent rarement les 60% des prix catalogues contrairement aux voitures essence (on est d'ailleurs même plus près des 50%).

Malheureusement, les chiffres pour janvier 2018 ne sont pas encore disponibles et ceux d'avant ne le sont plus. Impossible donc pour l'instant de faire de plus grandes comparaisons.  

Du côté des vendeurs de voitures neuves, en tout cas, on confirme cette tendance à l'abandon du diesel. "Les gens préfèrent miser sur la sécurité", nous dit-on, "pour ne pas devoir changer de voiture trop vite et peut-être ne pas pouvoir la revendre"

Reste que rouler au diesel peut encore être intéressant. C'est du moins l'avis du porte-parole de TRAXIO, l'ex-Federauto. Mais à une condition : "Il faut rouler au minimum 30.000 kilomètres par an pour que ce soit encore intéressant".  

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