Votre compagnie d'assurance vous rassure-t-elle ?

Les compagnies d'assurance actives en Belgique se portent globalement bien mais leur rentabilité est en baisse et les taux d'intérêt très bas compliquent leur boulot. Ici le siège d'Axa à Bruxelles.
Les compagnies d'assurance actives en Belgique se portent globalement bien mais leur rentabilité est en baisse et les taux d'intérêt très bas compliquent leur boulot. Ici le siège d'Axa à Bruxelles. - © HERWIG VERGULT - BELGA

Comment se portent nos compagnies d'assurance dans un contexte de taux d'intérêt au plancher? Assuralia, la fédération professionnelle des assureurs, joue la carte de la sérénité.

Un message que la fédération professionnelle ne cesse de répéter alors que le niveau très bas des taux n'est vraiment pas simple à gérer pour les assureurs. Il y a un exemple évident: la chute de quasiment 17 % de la vente de l'assurance-vie à taux garanti pour l'année 2015.

Les explications de Philippe Colle, administrateur délégué d'Assuralia : "Il y a une double explication. D’une part il y a les taux bas qui subsistent avec un taux garanti qui se situe actuellement entre 1 et 1,5 %, soit quand même dix fois autant que ce que l’on peut obtenir sur un carnet d’épargne, mais comme ce n’est quand même pas très haut cela joue. La deuxième explication, c’est la taxe sur la prime qui a été rehaussée à 2 % en 2013 et dont on subit encore les conséquences. La conjugaison de ces deux facteurs fait que l’impact est énorme sur l’encaissement en assurance-vie individuelle". Même s'ils le disent poliment, les assureurs supportent mal cette taxe de 2 % et ce d'autant plus qu'elle ne rapporte que très peu à l’État.

En dehors de l'assurance-vie, les résultats des autres branches sont corrects, sans plus. Une petite hausse globale de ce que l'on appelle le "non-vie", soit l'automobile, la responsabilité civile, l'incendie, etc. A noter aussi une baisse de 3,6 % de l'assurance accidents du travail à mettre en rapport avec le niveau du marché de l'emploi.

Bilan moyen

Au total, le bilan 2015 est donc assez moyen, d’où cette interrogation : permet-il aux assureurs de gagner leur vie? C'est une question importante car mieux vaut pour les assurés une compagnie bénéficiaire, qu'une compagnie dans le rouge. Huit compagnies sont en perte, soit 15 % du marché ce qui reste raisonnable, mais la rentabilité globale est en baisse depuis trois ans. En 2015, elle a atteint 4,6 % des fonds propres contre 5,6 % l’année précédente.

Et c'est suffisant pour affirmer que les compagnies se portent bien et qu'elles sont prêtes à résister à d'éventuels chocs? C’est la question que se posent certains experts en observant les taux au plancher et les turbulences des marchés.

Pas de souci ?

Ont-ils raison de s'inquiéter? La réponse de Philippe Colle : "Je ne crois pas. Nous n’avons aucun signal de la part des membres, ni du secteur qu’il y aurait des problèmes pour la simple raison que notre réglementation de contrôle nous oblige à garantir nos engagements à concurrence de 100 %. Cela veut dire que face à chaque engagement, nous investissons dans des actifs. C’est justement le métier de l’assureur, faire en sorte que ces actifs dans lesquels il investit, des actions, des obligations, de l’immobilier, aient une durée de vie aussi longue que les engagements. A partir du moment où c’est le cas, il n’y a pas de souci".

On peut le dire autrement: la solidité, la solvabilité d'un assureur dépend de sa capacité à bien gérer ses actifs. Ses placements les garantissent les engagements vis-à-vis des assurés. Et dans le contexte actuel, les assureurs n'ont d'autre choix que de jouer la prudence maximale.

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