Vote wallon du traité de libre-échange avec l'Amérique du Sud: les ONG critiquent

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CORRECTION-US-SPACE-TOQUEPALA COPPER MINE-PERU - © NASA - AFP

Le parlement wallon devrait ratifier ce mercredi, en séance plénière, le traité européen de libre-échange avec la Colombie, l’Équateur et le Pérou. Un traité en vigueur depuis 2013 et qui est vivement critiqué par plusieurs ONG, tant en termes de droit du travail que de la protection de l’environnement.

Pour le Pérou, on peut résumer les observations de l’ONG Commission Justice et Paix par "de gros problèmes", et même un recul d’année en année pour ce qui est des violations des droits fondamentaux. Pour Géraldine Duquenne, chargée de projets Amérique latine, le gouvernement péruvien favorise les grands projets miniers au détriment d’autres engagements inclus dans l’accord de libre-échange avec l’Union européenne.

"En raccourcissant les délais pour l’adoption d’études d’impact environnemental, notamment diminuant les standards pour la qualité de l’air, en permettant aux entreprises de faire des changements dans les projets miniers sans consulter les populations, en termes de droit du travail, il y a un climat extrêmement hostile envers les syndicats. Il n’y a pas vraiment de code du travail au Pérou. Il y a donc des régimes spéciaux pour le secteur de l’agriculture et de l’exportation agricole, par exemple, qui crée des inégalités entre les travailleurs, et des licenciements abusifs de travailleurs syndiqués."

Une plainte devant la commission européenne

La société civile a d’ailleurs déposé une plainte auprès de la Commission européenne. Ce qui est sûr, c’est qu’une ratification wallonne trancherait avec une résolution du Parlement qui date de février. Ce texte affirme que la Wallonie intégrera désormais, pour les accords commerciaux, la protection environnementale et les droits fondamentaux dans l’analyse économique.

Un tout petit marché

Pourtant, les intérêts économiques de la Wallonie sont peu importants au Pérou. Essentiellement des entreprises pharmaceutiques installées en Wallonie qui exportent. C’est notamment le cas de GSK qui dispose d’une antenne locale sur place pour le marché péruvien. Mais les exportations n’ont pas explosé ces dernières années, elles ont même plutôt tendance à faire du yoyo.
Et on ne peut pas dire que le traité commercial européen en vigueur depuis 2013 ait un impact majeur sur les relations commerciales entre la Wallonie et le Pérou.
Ce que confirme Michel Kempeneers, inspecteur général de l’agence wallonne à l’exportation (Awex). "Ce marché représente 25 ou 26 millions d’euros.C’est le 76e marché de la Wallonie à l’international, le sixième en Amérique latine, derrière les grands pays latino-américains comme le Brésil ou l’Argentine. C’est donc bien un tout petit marché pour nos entreprises."

Pérou: deuxième producteur mondial de cuivre

Mais pour Michel Kempeneers, si les accords commerciaux sont validés par la Région wallonne, ce sont des opportunités commerciales qui seront facilitées. Le Pérou est le deuxième producteur mondial de cuivre et l’intérêt wallon est celui de futurs partenariats dans le génie civil pour de la sous-traitance, de l’équipement, en particulier dans le secteur minier, " LE " secteur qui tire la croissance péruvienne et qui est décrié par les ONG.

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