Voici dix ans était déclarée la faillite de la Sabena

La Sabena a disparu voici exactement dix ans.
La Sabena a disparu voici exactement dix ans. - © BELGA PHOTO OLIVIER HOSLET

C'était il y a dix ans, jour pour jour: le 7 novembre 2001, la Sabena était déclarée en faillite. Une fin d'histoire totalement inimaginable à l'époque pour une compagnie aérienne qui apparaissait comme l'un des fleurons de l'économie nationale et une société mythique dans le monde. 10 000 travailleurs se retrouvaient alors sur le carreau.

La Sabena (pour Société anonyme belge d'exploitation de la Navigation aérienne) était une vénérable vieille dame de 78 ans. Une compagnie de réputation internationale, le principal employeur du pays avec 10 000 travailleurs, 11 millions de passagers en 2000, 107 destinations dans 48 pays. Voilà pour la carte de visite positive.

Mais la Sabena, c'était aussi des pertes presque chaque année. Le manque de vision de l’État qui en a repris le contrôle avant de mal la marier à Swissair en 1995. Un manque de capitaux constant, une vie sociale agitée, un endettement croissant de deux milliards d'euros à la fin. Surtout après que Swissair ait entrepris de prendre le meilleur, pomper filiales et passagers, avec une certaine folie des grandeurs parfois, comme l'achat massif de ces 34 Airbus qui va plomber les comptes.

Les plans de restructuration n'y changeront rien. Les Suisses, ultra-endettés, plongeront les premiers.

Exsangue, lâché par l’État belge lassé d'investir à perte, la Sabena est déclarée en faillite le 7 novembre 2001.

Le gouvernement organise alors un plan social, des cellules de reconversion avec les Régions pour "gérer" ce qui reste comme la pire faillite de tous les temps.

Une compagnie privée renaît sur les cendres, SN Brussels Airlines. Une curatelle gère encore aujourd'hui les ultimes restes de la compagnie, moteurs, hôtels, immobiliers à Bruxelles et au Congo.

Sur le plan judiciaire, côté suisse, tous les dirigeants ont été blanchis. Côté belge, au plan pénal, on attendra encore ce 10 novembre pour savoir si neuf anciens dirigeants vont être renvoyés en correctionnel pour faux, usage de faux et blanchiment notamment.

L'histoire n'est donc pas encore tout à fait finie.  

PIAB avec Fabien Van Eeckhaut

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