Veviba : "Une opportunité pour plus impliquer les agriculteurs dans l'aval de la filière"

Pour Marie-Laurence Semaille, responsable du secteur bovin à la Fédération wallonne de l'agriculture, les agriculteurs "sont victimes, tout comme les consommateurs, de cette fraude et de ce scandale de la viande. Mais ils sont aussi très probablement avec le consommateur les vecteurs du changement qui doit s'opérer au sein de la filière" explique-t-elle interrogée sur La Première.

"Je voudrais revenir sur le concept d'agriculture intensive ou d'agriculture industrielle, parce que c'est quelque chose qui est vraiment très utilisé. Le nombre moyen d'animaux en Région wallonne par exploitation est un peu plus de 100 bêtes. On a des exploitations très liées au sol, environ 50 hectares par exploitation. On est loin, je pense, du modèle d'agriculture industrielle qu'on voit souvent apparaître dans les images à la TV avec des feed lots (des parcs d'engraissement, ndlr) de 5000 bêtes. Je pense que tous les consommateurs qui se promènent de temps en temps à la campagne voient bien le lien très fort entre l'élevage et le sol en Région wallonne".

"Je pense franchement qu'on a essentiellement une agriculture familiale, avec un exploitant qui dirige son exploitation d'une bonne centaine de bêtes. Maintenant, vous avez toujours une déclinaison avec des exploitations plus grandes et des exploitations plus petites, mais franchement, comparativement au modèle industriel qu'on nous présente souvent au niveau mondial, ça n'a rien à voir", poursuit-elle.

"Ne pas confondre l'agriculture et l'aval de la filière"

Concernant l'actuel scandale Veviba, elle demande de "ne pas confondre l'agriculture et l'aval de la filière. Il y a visiblement eu un gros problème de fraude et ça retombe effectivement sur toute la filière. Mais je pense qu'au niveau de nos exploitations, les producteurs travaillent très bien. Il y a beaucoup d'attention à leurs animaux, le bien-être animal est quelque chose d'important dans les exploitations, personne n'a intérêt à maltraiter ses animaux. Les agriculteurs sont scandalisés de cette affaire-là tout d'abord parce que, justement, ils soignent bien leurs animaux et ils ont le souci que le respect du produit soit aussi en place en aval de la filière viande bovine".

Avec ce scandale récent, "il y a une vraie opportunité pour plus impliquer les agriculteurs dans l'aval de la filière. C'est une idée qui circule, je l'entends dans la bouche de pas mal d'hommes politiques" selon elle.

Pour Marie-Laurence Semaille, "c'est clair que le consommateur fait aussi partie du changement. Donc, le fait d'avoir un consommateur qui entre en lien direct avec un producteur. Plus le circuit est court, plus c'est facile de tracer. Donc quand on limite le nombre d'intermédiaires, on apporte aussi plus de garanties par rapport aux produits. Un consommateur qui sait entrer en dialogue avec un producteur est un consommateur qui sait poser des questions, qui sait avoir des réponses, mais c'est aussi un producteur qui sait expliquer le prix et expliquer pourquoi son prix est celui-là, et donc en arriver à un prix plus équitable".
 

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