Vêtements à base d'orties ou d'écorces de bananiers… quand la mode investit dans des alternatives durables

Une pièce a marqué les esprits cette semaine à la Fashion Week de Londres : un manteau beige conçu à base d’orties. Cette idée sort tout droit de la tête de deux designers, Vin + Omi.

Et ce qui rend ce manteau spécial, c’est que les milliers de plants d’orties utilisés lors de sa création ont été cueillis dans un bois, propriété du prince Charles. Ce textile durable n’est évidemment pas accessible à tous puisque cela reste de la mode de luxe.

Trouver des alternatives

Le secteur du textile, réputé pour être l’un des plus polluants, cherche de nouvelles alternatives pour contrer les émissions de CO2, la surconsommation et les déchets.

La production mondiale de vêtements a doublé depuis l’an 2000 et cela rien qu’en Europe. Chaque année, cinq millions de tonnes de textiles sont mises sur le marché et quatre millions de tonnes de textiles sont soit jetées en décharge, soit brûlées.

Le secteur tente donc de réagir. Et cela se remarque, par exemple, au salon Première Vision, qui se tient actuellement à Paris. La surface dédiée à la mode durable a été largement agrandie cette année.

"Aujourd’hui, c’est une réalité. La mode a massivement investi dans des start-up depuis cinq ans environ et aujourd’hui on a tout un tas d’alternatives aux matières classiques pour produire une mode durable, que ce soit du coton bio, qu’on connaît déjà depuis quelque temps, du polyester recyclé, des nouveaux synthétiques qu’on obtient à partir d’huile de ricin ou d’amidon de maïs. On a donc toutes sortes d’options et ce qui est important aujourd’hui, c’est qu’elles ont un look tout aussi mode que des matières classiques", explique Marina Coutelan, responsable de 50 exposants durables.

Feuilles d’ananas, écorces de bananiers, pelures d’oranges

Petites start-up industrielles, labos du secteur de la chimie, tout le monde s’y met. Marina Coutelan cite par exemple une start-up américaine dont le textile est fait à base de banane : Circular Systems.

"Il faut quand même savoir que c’est 10 ans de recherche et développement pour obtenir ces résultats-là. Ils travaillent avec des résidus de coopératives alimentaires bios, ils utilisent des fibres qu’ils extraient de feuilles d’ananas, d’écorces de bananier, de résidus de lin et de chanvre, et avec leur process de transformation ils arrivent à obtenir une fibre qui est à s’y méprendre une fibre de coton", précise-t-elle.

Mais commercialement, il y a encore des freins à la consommation de cette mode durable, notamment à cause du manque d’information pour le consommateur et la difficulté à trouver ce type de vêtements en magasin. Les marques écoresponsables sont encore très peu connues et très peu visibles.

Il y a cependant une autre tendance à ne pas négliger et qui est principalement marquée aux Etats-Unis : la réduction du nombre de vêtements achetés, via la seconde main ou la location de vêtements.

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