Vente d'Omega Pharma: de quoi l'entreprise Perrigo accuse-t-elle Marc Coucke?

Vente d'Omega Pharma: de quoi l'entreprise Perrigo accuse-t-elle Marc Coucke?
Vente d'Omega Pharma: de quoi l'entreprise Perrigo accuse-t-elle Marc Coucke? - © Tous droits réservés

L'entreprise pharmaceutique américano-israélienne Perrigo réclame au moins 1,9 milliard d'euros à Marc Coucke et au fond Waterland, accusant ces derniers d'avoir frauduleusement embelli les comptes d'Omega Pharma.

Il y a trois ans, Marc Coucke vendait Omega Pharma à Perrigo pour la coquette somme de 3,6 milliards d'euros. Le géant pharmaceutique pense aujourd'hui que le milliardaire a rendu la mariée plus belle qu'elle ne l'était réellement.

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L'embellissement est une pratique connue et même courante, d'après Thierry Dupont, président de l'Institut des réviseurs d'entreprises (IRE). "L'embellissement, c'est par exemple, montrer un chiffre d'affaires supérieur à celui qui devrait être comptabilisé selon les règles internationales ou nationales", éclaire-t-il.

"Comment peut-on le faire ? Simplement en anticipant et en comptabilisant, par exemple, des revenus de cette année, alors qu'ils devraient être pris en compte l'année suivante."

Bref, quel que soit le moyen, "il s'agit de montrer de meilleurs chiffres : que ce soit un meilleur chiffre d'affaires, que ce soit un meilleur résultat, que ce soit un meilleur résultat d'exploitation...", résume Thierry Dupont.

"Cela peut paraître étonnant"

Et ces chiffres, montrés sous leur meilleur jour, figure à terme dans une évaluation de l'entreprise destinée à la vente : "Une évaluation, ça se base sur différentes données financières, dont le chiffre d'affaires, le niveau d'endettement de la société, les résultats d'exploitation, etc. Et donc, la tentation est tellement grande (d'embellir la réalité, ndlr) qu'il faut des garde-fous".

Ce type de fraude est néanmoins difficile à déceler. Et, pour Thierry Dupont, dans le cas Coucke-Perrigo, il n'y a pour l'instant "aucune certitude que cela a eu lieu, ce sera au procès à le démontrer".

Mais, estime-il, "cela peut paraître étonnant", car, dans le cas d'une cession d'entreprise comme celle-ci, qui met en présence "des montants assez élevés", mais aussi des "professionnels – tant M. Coucke que Perrigo sont des grands professionnels des achats d'entreprises –, ils mettent en place des procédures qui permettent de valider les opérations et ils prennent leurs responsabilités".

Arbitrage en cours

Une procédure d'arbitrage – courante dans le milieu financier – a été mise en place pour analyser le dossier.

"Les parties ont convenu de faire appel à un arbitrage et elles vont nourrir ces arbitres avec des pièces. Ceux-ci poseront des questions, demanderont des devoirs d'enquête, etc. Ce n'est pas tellement loin de ce qu'il se passe pour un procès civil habituel, voire d'un procès pénal", explique le président de l'Institut des réviseurs d'entreprises.

Le verdict de l'arbitrage ne devrait pas tomber avant 2021.

>> À lire aussi : Omega Pharma: 1,45 milliard d'euros de plus-value et zéro euro d'impôt (archive du 07/11/2014)

Écoutez Thierry Dupont, président de l'IRE :

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