V. Reuter (UWE): "Le message qu'on envoie au monde est désastreux"

"Je n’aurais pas employé la même formulation", commente Vincent Reuter. Mais sur le fond, le patron des patrons wallons ne désavoue pas totalement les propos du le dirigeant de Belgacom. "Je me serais posé la question du climat des affaires en Belgique", dit-il. Et le moins que l’on puisse comprendre, c’est qu’il serait assez inquiétant pour les entreprises. Mesures fiscales, législation sociale et environnementale font que "nous ne sommes pas les plus gâtés du monde", ajoute-t-il.

Mais ce n’est pas tout. "Quand vous regardez ce qui se passe en Belgique, vous avez un monde politique qui n’a pas une ligne claire". "Un jour vous avez une mesure favorable au développement économique, on vous met en place les intérêts notionnels (…) le lendemain on commence à les remettre en question" poursuit Vincent Reuter. "Les investisseurs ne savent pas si on est dans le tempo du pas en avant ou des deux pas en arrière !"

"C’est un peu facile de tout mettre sur le compte de la crise"

C’est préoccupant, estime l’administrateur délégué de l’UWE. Et cela n’est pas favorable à entrepreneuriat. D’ailleurs, en ce qui concerne les problèmes économiques actuels, "c’est un peu facile de tout mettre sur le compte de la crise". Le cas d’Arcelor est symptomatique, estime-t-il. Les solutions proposées par les pouvoirs politiques sont tout sauf rassurants pour le moment. 

S’"il s’agit surtout de faire respecter soit des obligations légales soit des engagements contractuels qui auraient été pris par Arcelor (…) jusque-là ça me va", dit Vincent Reuter. Mais attention : les déclarations à propos de la nationalisation de l’entreprise sont interpellantes, estime-t-il. "Aller jusqu’à parler de nationalisation, c‘est envoyer aux investisseurs le message que je viens de dire, mais  ça aura pas d’effet de protection des travailleurs", prévient-il, faisant référence à la fois aux possibilités de nationalisation d’ArcelorMittal et au projet de loi qui obligerait les entreprises à céder leurs outils. "Le message qu’on envoie au monde est désastreux ! Votons cette loi, et alors (…)  tous ceux qui réfléchissent à mettre leurs billes chez nous, ils n’auront plus à se demander si on est dans une économie dirigiste ou pas ; ils auront la réponse !"

Vincent Reuter précise : "Je ne vais pas dire que toujours la nationalisation est une mauvaise solution". Lorsque l’Etat a un projet, qu’il y a des considérations stratégiques, pourquoi pas. Mais "le danger c’est de s’engager dans une voie dont on ne voit pas le bout. On rachète, on assume des responsabilités, y compris le passif social et le passif environnemental, sans savoir si on trouve quelqu’un". Et de conclure : "si on ne trouve personne on fait quoi ?"

W. Fayoumi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK