USA: l'Independence Day marqué par la faillite du Minnesota

Le zoo du Minnesota, fermé pour cause de faillite comme la plupart des services publics de cet Etat du Middle west américain.
Le zoo du Minnesota, fermé pour cause de faillite comme la plupart des services publics de cet Etat du Middle west américain. - © AFP / Hannah Foslien

Un Etat en faillite ? Non ce n’est pas (encore) dans le sud de l’Europe que vous le trouverez mais dans le Middle west américain, à la frontière avec le Canada. Il s’agit du Minnesota, un Etat de 225 000 kilomètres carrés grand comme la moitié de la France. Il vient de se déclarer en cessation de payement.

Le 1er juillet, le gouvernement dirigé par le démocrate Mark Dayton a proprement déclaré l’état de faillite et renvoyé dans leurs foyers les quelques 22 000 fonctionnaires de l’Etat. Et en ce long week-end d’Independence day, c’est une fausse impression de jour férié qui prévaut. En réalité tout est fermé parce qu’il n’y a plus un rond pour payer quoi que ce soit.

Le problème est constitutionnel : le Minnesota ne peut pas présenter de budget en déséquilibre. Or, avec un déficit de 5 milliards de dollars, il se trouve forcé de choisir entre l’augmentation des impôts et les coupes claires dans les dépenses publiques. Exactement comme au niveau fédéral. Et de la même manière que les deux partis se livrent à un bras de fer au Congrès à Washington, démocrates et républicains jouent une grande partie de bluff dans le Minnesota.

Car en déclarant l’état de faillite, le gouverneur démocrate n’espère qu’une chose : faire porter le chapeau aux républicains, au rang desquels figure d’ailleurs l’une des "stars" du Tea Party et désormais candidate aux primaires du Grand Old Party, Michelle Bachman.

Menaces pour l'État fédéral

La partie d’échecs en cours dans cet Etat de 5 millions d’âmes rappelle que les finances américaines sont dans une situation au moins aussi préoccupante que celles des pays de la zone euro. Déjà, la Californie –l’Etat le plus riche et le plus peuplé de l’Union- était passée à deux doigts de la faillite il y a quelques mois avant qu’un accord trouvé in extremis lui permette de souffler une petite année de plus.

Mais le véritable test autour des finances publiques américaines aura lieu dans les tous prochains jours, puisqu’il faudra pour début août que démocrates et républicains trouvent un terrain d’entente pour augmenter le plafond de la dette publique fédérale abyssale. A défaut, ce sera la cessation de paiement.

Dire que la perspective inquiète les milieux financiers est assez loin de la réalité. En réalité, elle les fait blêmir et paniquer. Les agences de notation ont déjà prévenu : le non-relèvement du plafond de la dette les ferait placer les Etats-Unis sous surveillance négative ; et on peut imaginer que les marchés ne resteraient pas sans réaction face à la cessation de paiement de la première économie de la planète.

Répétition générale ?

Il reste à peine quelques jours à Barack Obama pour conclure un accord avec la majorité républicaine au Congrès des Etats-Unis. Peut-être le Minnesota fait-il dès lors figure d’avertissement aux républicains : "Voyez comme nous sommes déterminés à protéger les Américains des coupes sombres dans les programmes sociaux", semblent dire les démocrates. Et s’il s’agit plutôt d’une répétition en mode mineur, on ne devrait pas tarder à savoir dans quelle direction les vents mauvais de la crise poussent l’opinion américaine.

Thomas Nagant

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK