Union Wallonne des Entreprises: "Il faut plus de formations aux métiers en pénurie"

Olivier de Wasseige (UWE): "Il faut plus de formations aux métiers en pénurie"
Olivier de Wasseige (UWE): "Il faut plus de formations aux métiers en pénurie" - © CHRISTOPHE KETELS - BELGAIMAGE

Si le chômage a reculé de manière importante en Wallonie au cours des dernières années, la région compte encore plus de 200.000 demandeurs d’emploi inoccupés, alors que des milliers d’emplois ne trouvent pas preneurs. Un constat qui désole les chefs d’entreprise wallons. L’Union Wallonne des Entreprises en fait d'ailleurs sa première priorité.

Son administrateur délégué, Olivier de Wasseige, s'en explique: "Notre première demande, c’est d’avoir vraiment un enseignement d’excellence avec un renforcement dans les savoirs de base, qui sont vraiment une lacune aujourd’hui, qu’on constate dans les entreprises, à savoir le français, les maths, les langues étrangères, mais aussi un éveil à l’entreprise, à l’esprit d’entreprendre et un éveil aux technologies, et notamment à la programmation."

L’Union wallonne réclame encore et toujours une amélioration des filières techniques et professionnelles afin d'en faire des filières d’excellence et pas de relégation. Parmi les demandes, plus de stages en entreprise, plus de formations en alternance, et plus de budget pour investir dans la formation continue des enseignants.

"Ce que l’on demande aussi, c’est qu’il y ait une spécialisation des écoles par bassin géographique", explique Olivier de Wasseige. "Et peut-être aussi d’avoir une spécialisation de certaines écoles techniques et professionnelles en termes de matériel".

Le Forem est régulièrement critiqué par l’Union Wallonne des Entreprises qui demande une externalisation du bilan des compétences des chômeurs. "Aujourd’hui, quand quelqu’un arrive au Forem, son bilan de compétences est déclaratif", explique Olivier de Wasseige. "La personne arrive et dit : 'Je suis électricien, je sais faire ça, ça et ça', on va principalement noter ce qu’il sait faire et on va l’envoyer soit sur le marché du travail avec des compétences qui ne correspondent pas à la réalité, soit on va l’envoyer dans un parcours de formation où il n’a pas les prérequis pour suivre cette formation".

Olivier de Wasseige estime également qu'un suivi individuel le plus étroit pour chaque chômeur est nécessaire, ainsi qu'une augmentation de la formation aux métiers en pénurie ou en tension. Actuellement, 10 000 formations sont organisées par an, un chiffre insuffisant selon l'administrateur, compte tenu des 26.000 emplois vacants en Wallonie.

"Les entreprises sont bien conscientes qu’elles doivent aussi prendre une part de la formation et de la formation continue à leur charge, mais il y a un minimum à avoir à ce niveau-là et c’est un point important", avance Olivier de Wasseige. "C’est d’autant plus important que c’est aussi une façon, en ayant des collaborateurs bien formés, de compenser le handicap salarial qu’on a encore aujourd’hui en Wallonie et en Belgique par rapport à des pays limitrophes par une meilleure productivité", poursuit-il. "Et qui dit meilleure productivité dit forcément des personnes qui sont mieux formées dès qu’elles arrivent dans l’entreprise".

 

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