Une pénurie en Chine fait augmenter le prix du porc en Europe

Une pénurie en Chine fait augmenter le prix du porc en Europe
Une pénurie en Chine fait augmenter le prix du porc en Europe - © Tous droits réservés

Le prix du porc comme matière première augmente de manière fulgurante et certaines prévisions annoncent une augmentation du prix de 15% en Europe pour 2019. L’explication se trouve à 8000 kilomètres de chez nous. La peste porcine africaine fait des ravages en Chine et le pays connaît une sérieuse pénurie de porc, qui fait du coup augmenter les prix encore plus que d’habitude.

La hausse du prix du porc en cette saison est un classique. Chaque année, le prix augmente de manière saisonnière, généralement au mois d’avril et pour quelques mois, et les prix plus élevés coïncident tout simplement avec la saison des barbecues. Or, cette année, la hausse des prix est beaucoup plus marquée. Le premier producteur et consommateur mondial de porc, la Chine, est frappé par la peste porcine africaine depuis six mois et peine à endiguer l’épidémie. Sa production pourrait chuter de 30% et il y a aujourd’hui 200 millions de porcs en moins sur le marché chinois par rapport à une situation normale, dans laquelle un porc sur deux dans le monde provient d’un élevage chinois. Du coup, les exportations américaines et européennes vers la Chine explosent. La France, l’Allemagne, le Danemark, l’Espagne et les gros producteurs européens de porc valorisent leurs produits à l’exportation, et mécaniquement les prix s’envolent.

La Belgique hors-jeu

Et la Belgique ? Notre pays n’exporte pas vers la Chine. Touché par la peste porcine, notre pays est sous embargo depuis septembre dernier. Les éleveurs belges ne peuvent donc pas profiter directement de cette pénurie. Mais bien indirectement, comme l’explique Michael Gore, administrateur délégué de la Fédération belge de la viande. "Nous fournissons les marchés intracommunautaires et en même temps nos pays voisins sont occupés de valoriser leurs exportations vers la Chine." Ce qui est plutôt réjouissant pour les éleveurs belges qui sortent de plusieurs mois d’une situation difficile et de prix à la baisse.

Le prix va-t-il augmenter chez nous?

Sur notre territoire, le prix pourrait augmenter, mais pas tout de suite. D’abord parce que les augmentations de prix sur une matière première ne se répercutent pas nécessairement sur les produits finis. Les contrats avec la grande distribution ont été signés il y a plusieurs mois, et donc les prix pour les produits qui sont en rayon aujourd’hui ont été fixés à ce moment-là. Ensuite parce que les produits finis consommés en Chine et en Europe ne sont pas les mêmes.

Selon Michael Gore, les Chinois sont plutôt intéressés par des sous-produits, "notamment les têtes, les pattes, les queues et les abats. Pour revenir sur vos chipolatas, ce sont des produits nobles qui sont employés pour les productions de chipolatas, donc ce ne sont pas les sous-produits qui rentrent dans la production de produits hachés".

Mais invariablement, si les prix augmentent pour les éleveurs et pas pour les consommateurs, quelqu’un doit y perdre. A savoir les autres maillons de la chaîne que sont les transformateurs - salles de découpe, fabricants de prêt-à-trancher, charcutiers. Eux vont sans doute souffrir et verront leurs marges se réduire en devant payer plus cher leurs matières premières sans pouvoir, dans un premier temps, répercuter l’augmentation sur leurs ventes.

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