Une heure de travail en plus par semaine, sans salaire supplémentaire: "C'est le prix à payer"

Travailler plus sans gagner plus, c’est ce qui attend les travailleurs de BNP Paribas Fortis « survivant » à l’actuelle réorganisation.

La première banque du pays avec 13.000 employés a en effet annoncé son intention de réduire ses effectifs de quelque 3000 emplois à l’horizon 2021.

La banque compte notamment sur les départs naturels mais cela ne suffira pas. C’est pourquoi, elle a prévu une série de mesures pour atteindre ces objectifs, notamment un nouveau plan de départs anticipés qui sera proposé à quelque 800 collaborateurs âgés de 58 ans ou plus, et des formules de mobilité externe sur base volontaire.

Ces différentes mesures seront couchées dans une convention collective de travail (CCT) dite de « garantie d’emploi » par laquelle, schématiquement, la banque s’engage à ne pas licencier pendant trois ans ou, si elle licencie quand même, à payer une indemnité complémentaire.

Travailler plus, pour gagner la même chose

Mais pour obtenir cela, les syndicats ont dû s’engager à signer une autre CCT, qui traite de l’organisation du travail. Sa mesure la plus spectaculaire : une heure de travail supplémentaire pour chaque travailleur, sans salaire supplémentaire. Ou plutôt de 12 minutes par jour, « ce qui a son importance, quand on connaît les modalités, qui vont être bien moins bien ressenties par le personnel d’agence que par le personnel de siège ».

« C’est le prix à payer, c’est un paradoxe absolu de licencier et d’en même temps augmenter le travail de ceux qui restent, mais c’est une pratique qui se généralise dans le secteur bancaire, explique Philippe Samek, secrétaire national CNE, puisqu’à chaque négociation, on augmente soit la flexibilité soit le temps de travail. »

Dans la négociation avec les syndicats, la banque a lié les deux CCT et a bien fait comprendre que le budget (plus de 100 millions d’euros) seraient débloqué pour les mesures d’accompagnement à la condition que les deux CCT soient signées. Sans cela, la perspective de quelque 1.000 licenciements secs était sur la table.

« On est devant ce chantage à l’emploi permanent et les délégués font le maximum pour trouver le moyen terme. On le fait par pragmatisme mais par principe c’est inacceptable. Le but de Fortis c’était de sortir 3000 personnes au moindre coût. La convention ne va pas sauver les 3000 emplois, mais elle va améliorer les conditions de sortie de ceux qui partent… »

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