Une économie plus durable en Belgique ? 7.5% des emplois sont " circulaires "

Une économie plus durable en Belgique ? 7.5% des emplois sont « circulaires »
Une économie plus durable en Belgique ? 7.5% des emplois sont « circulaires » - © PASCAL PAVANI - AFP

L’économie circulaire est-elle en train de modifier le paysage économique belge et son marché de l’emploi ? Grignote-t-elle du terrain sur l’économie linéaire. Cette dernière est encore largement majoritaire. Elle se caractérise par le modèle du " take-make-waste ", soit " extraire-fabriquer-jeter ", autrement dit un modèle économique où l’on se préoccupe assez peu du volume de déchets générés.

A l’opposé, l’économie circulaire est un système économique et industriel qui cherche à maintenir les produits fabriqués ou leurs composants en circulation le plus longtemps possible. Bref, on ne jette pas tant qu’il y a moyen d’utiliser ou de recycler.

Un premier état des lieux de l’emploi circulaire en Belgique

La Fondation Roi Baudouin s’est associée à Circle Economy pour donner un aperçu de la nature et du nombre d’emplois circulaires en Belgique. Circle Economy collabore avec les villes et les entreprises pour accélérer la transition vers une économie circulaire.

Le marché du travail circulaire inclut, selon la Fondation Roi Baudouin toutes sortes d’emplois dans différents secteurs. Ces emplois vont de peu qualifiés à très qualifiés. On compterait en Belgique 262.000 emplois qu’on peut considérer comme " circulaires ", soit 7.5% du nombre total d’emplois. Ce pourcentage est comparable à celui constaté lors d’une précédente étude similaire menée aux Pays-Bas (8,1%).

Les exemples d’emplois circulaires sont variés. " Cela va de l’installateur de panneaux solaires à l’architecte qui conçoit des bâtiments de manière à ce que les matériaux puissent être récupérés après utilisation, en passant par l’analyste de données qui surveille et optimise l’utilisation des ressources et renforce les connexions entre les acteurs de la chaîne logistique via des plateformes numériques, ou encore le gestionnaire de plateformes de covoiturage ", écrit la Fondation Roi Baudouin.

Trois types d’emplois circulaires

Le rapport réalisé par la Fondation Roi Baudouin et Circle Economy distingue trois types d’emplois circulaires : les emplois circulaires de base, les emplois circulaires porteurs et les emplois indirectement circulaires.

Les emplois circulaires de base veillent à l’utilisation des matières premières en circuit fermé et constituent ainsi le cœur de l’économie circulaire. Il s’agit notamment des emplois dans les secteurs des énergies renouvelables, de la réparation, de la gestion des déchets et des ressources.

Les emplois circulaires porteurs se trouvent dans des entreprises ou des secteurs où l’on favorise l’accélération et le développement des activités circulaires de base. Il s’agit d’activités de support à l’économie circulaire. Ce sont, par exemple, les emplois dans les secteurs de la location, de l’ingénierie et des technologies numériques qui ont un lien avec la circularité.

Les emplois indirectement circulaires sont les emplois qui soutiennent les emplois directement circulaires. On peut inscrire dans cette catégorie les métiers de l’éducation, la logistique et le secteur public.

Bruxelles

C’est à Bruxelles que la proportion d’emplois circulaires est la plus grande. 58.000 emplois y sont circulaires, soit 8,1% du nombre total d’emplois. A lui seul, le secteur de la gestion des déchets et des ressources génère plus de 4000 emplois (7% du nombre total d’emplois circulaires). Outre la gestion des déchets, Bruxelles propose des initiatives innovantes de valorisation des déchets-ressources. La Région de Bruxelles-Capitale accueille un grand nombre et une grande diversité d’activités circulaires à petite échelle.

Parmi les exemples d’entreprises actives dans l’économie circulaire à Bruxelles, on trouve, par exemple, un supermarché qui valorise les produits en économie circulaire, des architectes spécialistes de la transformation du mobilier ou un atelier de conception et fabrication de structures en bois durable.

Wallonie

En Wallonie, 56.000 emplois sont circulaires (6,8% du nombre total d’emplois) et concernent principalement l’économie circulaire de base et les secteurs indirectement circulaires (respectivement, 40% et 45% du nombre total d’emplois circulaires).

Comme dans le reste du pays, les secteurs du numérique et de la conception sont les principaux secteurs porteurs qui génèrent des emplois dans l’économie circulaire wallonne. Le secteur du numérique crée 6000 emplois circulaires, celui de la conception et de l’ingénierie 2500 (respectivement, 10% et 4% du nombre total d’emplois circulaires). Alors que les emplois dans le numérique gravitent principalement autour de Bruxelles, les emplois dans la conception tendent à se concentrer à Namur, Charleroi et Liège.

Comme exemples d’entreprises wallonnes actives dans l’économie circulaire, on peut citer une start-up numérique liégeoise qui propose des solutions de mobilité, une entreprise qui valorise énergétiquement les déchets organiques, ou encore une société qui recycle les matériaux de construction.

Flandre

En Flandre, 148.000 emplois sont circulaires (7,5% du nombre total d’emplois). 30.000 emplois le sont dans des activités circulaires porteuses. 30.000 autres le sont dans le secteur de la gestion des déchets et des ressources et plus de 20.000 emplois se trouvent dans le domaine de la réparation (réparation de véhicules, d’appareils électroménagers, d’équipements industriels…). Le secteur de la technologie numérique est aussi très présent en Flandre. Anvers et Gand constituent des pôles d’emplois importants pour l’économie circulaire.

C’est la première fois que la Fondation Roi Baudouin se penche sur l’économie circulaire en Belgique. Le rapport devrait servir de point de référence. La Fondation envisage de mesurer à nouveau l’ampleur de l’emploi circulaire dans deux ou trois ans.

Objectif économie circulaire: comment dépasser les limites actuelles du recyclage, notamment pour le plastique?

La circularité: c'est le nouveau credo de Fost Plus, l'organisme chargé de récupérer et traiter les déchets d'emballage pour pas moins de 5000 producteurs en Belgique. Avec des résultats probants, puisque la Belgique est aujourd'hui leader du classement européen, avec 90% d'emballages recyclés. Malgré tout, un point noir: le plastique.

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