Une app, pas d'agence... Les néo-banques, de vrais banques moins chères?

Une app, pas d'agence... Les néo-banques, de vrais banques moins chères?
Une app, pas d'agence... Les néo-banques, de vrais banques moins chères? - © ERIC PIERMONT - AFP

En France, l'opérateur historique de téléphonie, Orange, lance sa banque mobile. C'est ce que l'on appelle une néo-banque, une banque complètement dématérialisée. Il n'y a pas d'agence, il n'y a pas de guichet, il n'y a plus d'interactions humaines, tout se passe sur votre téléphone, dans votre poche. Votre smartphone devient votre banque : vous téléchargez une application, vous ouvrez un compte en quelques minutes, et vous recevez votre carte par la poste.

Le principal avantage, le principal argument de vente, est le coût, nettement moins cher puisqu'évidemment il y a moins de personnel, il y a moins de structure. Le concept est comparable à celui des vols low-cost : c'est bon marché au départ mais, pour toute autre option, il faut payer. Ici, vous prenez en charge les frais d'envoi de votre carte, les retraits aux guichets, les paiements en devises étrangères...

Pour Rodolphe de Pierpont, porte-parole de la Fédération belge du secteur financier (Febelfin), la gratuité, ça n'existe pas : "Certaines opérations sont gratuites, mais, derrière cela, il est certain qu'il y a des infrastructures à prévoir – des ordinateurs par exemple –, et il faut faire des mises à niveau, il y a de l'investissement au niveau des services en ligne ou autres. Donc trouver la recette pour proposer une gratuité totale et sur tous les services, c'est fabuleux, mais, malheureusement, tout cela doit bien entendu être financé".

Les jeunes et les voyageurs comme clientèle cible

Ces banques dématérialisées ne sont donc pas aussi gratuites qu'annoncé mais, au-delà de cela, elles ne proposent pas les mêmes services qu'une banque classique : pas possible d'avoir un compte épargne, pas possible de demander un prêt, un crédit hypothécaire... Il n'y a pas non plus de conseils, ou très peu : certains le proposent à distance, mais, en général, il n'existe pas d'aide à l'investissement, et donc pas de portefeuille d'actions.

Les services sont loin d'être complets. Ces banques permettent simplement d'avoir un compte à vue et d'effectuer les petites opérations du quotidien. Elles visent surtout les jeunes — familiers avec les nouvelles technologies, habitués à tout avoir sur leur smartphone — et les voyageurs puisque il est facile d'ouvrir un compte dans chaque pays où l'on va en vacances ou dans lesquels on se rend régulièrement, cela permet d'éviter les frais de change.

Complémentaire ou concurrent des banques traditionnelles ?

Et, pour les banques "classiques", ces néo-banques représentent autant de nouveaux acteurs qui débarquent sur le marché bancaire, autant de nouveaux concurrents. Du moins, lorsque c'est une start-up ou, comme dans le cas d'Orange, un opérateur téléphonique qui se lance dans l'aventure. Pour le reste, bien souvent, c'est une banque classique qui elle-même se cache derrière la néo-banque.

Les banques voient leur secteur évoluer, elles voient la concurrence arriver alors, forcément, elles anticipent, elles font des efforts sur le digital, elles développent des applications, elles se modernisent.

"On observe plutôt une évolution dans l'autre sens, avec des banques classiques qui sont de plus en plus digitales, qui offrent de plus en plus de solutions mobiles et, quelque part, on se rejoint à mi-chemin avec des solutions qui offrent des services bancaires, des services de paiement, ça correspond tout à fait à l'air du temps, et c'est certain que la banque aujourd'hui est déjà dans son téléphone mobile depuis des années", commente Rodolphe de Pierpont, de Febelfin, préférant donc voir le verre à moitié plein.

Reste maintenant à voir si ces néo-banques vont tenir le coup financièrement, si c'est le business-model va tenir la route. Les banques classiques sont normalement rentables sur un ensemble d'activités, dépôts, crédits, accès aux marchés, investissements... Tandis que les néo-banques ne font qu'une partie de ces activités et n'ont donc qu'une partie du profit.

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