Une action des syndicalistes de Ford Genk à Cologne dégénère

L'action des syndicalistes a dégénéré à Cologne
L'action des syndicalistes a dégénéré à Cologne - © VRT

La visite de travailleurs de l'usine Ford Genk à l'usine de Cologne a dégénéré mercredi, la police allemande intervenant contre des travailleurs après que ceux-ci eurent forcé l'accès au site. Les syndicalistes ont été encerclés durant plus de deux heures par la police et ont pu rentrer chez eux après un contrôle d'identité.

Quelque 250 travailleurs de Ford Genk se sont rendus mercredi matin sur le site de l'usine Ford à Cologne dans l'intention de protester contre la décision de fermeture de l'usine limbourgeoise.

Les choses se sont toutefois envenimées en cours de matinée. Les nombreux policiers allemands présents sur les lieux ont voulu empêcher que des travailleurs belges accèdent au site et ont chargé à plusieurs reprises en direction des manifestants. Les policiers ont fait usage de la matraque. Deux policiers allemands ont été blessés par des jets de pétards.

Un certain nombre de travailleurs belges sont tout de même parvenus à forcer l'accès de l'usine, ce qui a entraîné un jeu du chat et de la souris avec la police. Plusieurs vitres ont été brisées.

La police allemande a fini par encercler les travailleurs genkois et les a informés qu'ils faisaient l'objet d'une procédure d'arrestation administrative. Tous les travailleurs belges présents ont été fouillés et ont dû présenter leur carte d'identité afin d'identifier les responsables des dégâts matériels occasionnés aux bâtiments et pour les éventuels frais médicaux qui devront être déboursés pour les soins de deux agents et d'un pompier blessés. Une photo de chaque Belge a également été prise.

Les syndicalistes de Genk ont ensuite pu rejoindre les bus qui les reconduiront à Genk.

La CSC Metea regrette les blessés et ne parle pas de gros dégâts

Le syndicat chrétien du métal CSC Metea regrette que des personnes des services de secours ont été blessées durant l'action des travailleurs de Ford Genk sur le site de Cologne. Le secrétaire général Walter Cnop a souligné dans une réaction qu'il n'y avait pas eu de gros dégâts et de blessés graves.

"Pour être clair, une seule porte en verre a été cassée", a souligné Walter Cnop. Quelques pneus ont également été brûlés.

"Un pompier est en effet tombé lors des accrochages", explique Walter Cnop. L'homme aurait trébuché. Le syndicaliste a qualifié de "très exagéré" le fait qu'il y aurait eu des blessés graves. Deux policiers souffrent de bourdonnements aux oreilles en raison de l'explosion de pétards, selon Walter Cnop. "Nous regrettons que des personnes aient été blessées."

Ford continuera d'observer de près la situation

Le constructeur automobile américain Ford, qui a récemment annoncé une vaste restructuration de ses usines en Europe, touchant notamment l'usine de Genk, continuera d'évaluer de près l'évolution de l'économie, a déclaré son patron Alan Mulally mercredi.

"Ce que nous pouvions faire, nous l'avons fait", a dit M. Mulally, interrogé lors d'un congrès automobile organisé à Berlin sur les récentes annonces de Ford pour réduire ses surcapacités de production en Europe.

"C'est la bonne chose à faire pour tout le monde, ajuster notre production à la demande mondiale. Si on ne le fait pas, on produit trop de véhicules", a-t-il commenté en marge du congrès.

"Nous allons donc continuer sur notre voie, aussi difficile cela soit-il, car sinon on ne peut pas investir dans l'avenir et rester en activité", a poursuivi le directeur général.

Interrogé sur cet avenir, il a répondu que Ford allait "continuer à évaluer la situation". "Cela dépend vraiment de la situation macroéconomique, c'est cela que nous examinons de près. Nous allons regarder si les économies se stabilisent (...) car l'industrie dépend vraiment de l'économie", a-t-il indiqué.

Fin octobre, le groupe Ford a dévoilé un plan de restructuration prévoyant notamment la disparition de deux usines en Grande-Bretagne et la fermeture du site de Genk et frappant 6.200 salariés au total, soit 13% de ses effectifs dans cette zone où il est confronté comme le reste du secteur à des surcapacités et à une demande en berne.

Il s'attend à perdre au total 1,5 milliard de dollars cette année sur le continent.

Avec Belga

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