Un salarié sur trois doute des capacités de leadership de ses dirigeants

Un salarié sur trois a des doutes — c’est le moins que l’on puisse dire — sur les qualités de leader de ses managers. C’est en tout cas ce que montre une étude du secrétariat social Securex. Il n'est pas question ici de compétences "métier", mais bien de leadership, de la capacité à entraîner ou pas une équipe.

Un salarié sur trois pense que son chef n’a pas les compétences nécessaires en la matière, et cela a forcément des conséquences sur la motivation au travail, et in fine sur les absences. C’est ce que souligne Guillaume Bosmans, de Securex, mettant en avant les vertus d’un bon leadership : "Quand les employés considèrent que leur manager est un bon manager, on remarque qu’ils sont souvent beaucoup moins absents, qu’ils ont moins de stress au niveau du travail, qu’ils sont plus heureux à leur travail et qu’ils sont plus d’accords avec les valeurs de l’entreprise. On voit aussi qu’ils sont en général plus motivés, qu’ils sont plus productifs et qu’ils sont beaucoup plus heureux au travail".

Ceux qui considèrent que leur patron n’est pas un bon manager sont plus à même de quitter leur emploi ou de changer d’emploi. Ils seront moins motivés et plus facilement absents, souligne l'étude. Le secrétariat social de Securex "avait calculé qu’en 2017 l’absentéisme pour cause de maladie avait coûté aux entreprises belges en moyenne 1010 euros par travailleur à temps plein. Autre aspect important, c’est que les entreprises risquent tout simplement de perdre de bons éléments, si j’ose dire, parce que certains managers n’ont que de très vagues notions de management et de leadership" selon Guillaume Bosmans.

Pas facile d'être manager

En revanche l’écrasante majorité des dirigeants interrogés pensent qu’ils sont de bons managers. Ils sont convaincus d’inspirer leurs troupes, de reconnaître leurs erreurs quand c’est nécessaire et de faire preuve d’empathie vis-à-vis de leurs collaborateurs. Ce n’est pas le ressenti d’une majorité de salariés. Ceci dit, soyons honnêtes, il faut aussi reconnaître que le métier de manager est plus compliqué qu’avant, explique encore Guillaume Bosmans: "On sait qu’avant, un manager était surtout quelqu’un qui supervisait un peu ses employés et qui s’assurait juste que les contrats étaient remplis et que les objectifs étaient atteints. Maintenant, ce rôle est plus celui de quelqu’un qui va accompagner l’employé, qui va l’aider à se développer, qui va lui laisser de l’autonomie et qui va donc lui faire confiance. Ce rôle est donc forcément beaucoup plus difficile à remplir".

L’arrivée sur le marché du travail de la fameuse génération Y, ceux qui sont nés entre 1980 et 2000, a certainement eu un impact important. C’est une génération qui veut globalement plus d’autonomie au travail, plus de reconnaissance, un métier plus intéressant, et si ça coince, on n’hésite pas à démissionner. C'est quelque chose d’assez nouveau dans le milieu du travail.

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