Un indépendant sur six vivrait sous le seuil de la pauvreté

Sabine Laruelle est en charge des PME et des indépendants.
Sabine Laruelle est en charge des PME et des indépendants. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Sur base des chiffres de l’Inasti, le Syndicat Neutre pour les Indépendants estime à 16% le nombre des entrepreneurs qui vivent sous le seuil de pauvreté.

Un indépendant sur 6 gagne moins de 833 euros par mois, alors que le seuil de pauvreté est fixé à 973 euros mensuels. Le SNI qui regroupe essentiellement des indépendants et des PME, lance un cri d’alarme contre leur paupérisation. En 2012, les revenus des indépendants s'élevaient à 20 492 euros nets par an, en baisse de 4,5% par rapport à 2011 (revenu professionnel brut diminué des dépenses et des charges professionnelles). Ce montant, dit le SNI, doit être comparable au salaire net d’un salarié, qui était en 2012 de 24 773 euros, soit 21% de plus que le revenu moyen des indépendants. Les plus bas revenus sont constatés dans le secteur tels de l’agriculture (10 573 euros), alors que les revenus les plus élevés sont ceux des professions libérales (30 313 euros).

Pour le SNI, il faut "élargir de manière permanente l’assurance faillite aux entrepreneurs qui ont sollicité une réorganisation judiciaire, ceux qui ne sont plus en mesure d’honorer leurs factures et ceux qui risquent de tomber en faillite". Sven Nouten, porte-parole du syndicat, constate que cette mesure avait déjà été prise entre juillet 2009 et janvier 2011,  mais seulement à titre temporaire. "Aujourd’hui, l’assurance faillite ne concerne que des cas très spécifiques, tels que l’incendie des bâtiments d’une entreprise ou l’allergie soudaine d’un boulanger à la farine", regrette le syndicat. 

Indemnité de cessation d’activité

Pour contrer ce phénomène, l’organisation des entrepreneurs indépendants demande l’introduction d’une indemnité de cessation d’activité lorsque celle-ci n’est plus viable. Le SNI plaide également pour "un meilleur accompagnement des indépendants lors du démarrage d’une entreprise ".

La réforme du calcul des cotisations sociales annoncée pour 2014 (2015 au plus tard) devrait également aider les indépendants confrontés à des difficultés financières. Ils pourront en effet ajuster leurs cotisations sociales lorsque leur revenus diminuent (par exemple en cas de maladie, de grossesse, de perte d’un client important, …). Dans un premier temps, cette mesure ne sera pas automatique, mais soumise au contrôle de l’Inasti, l’Institut National de Sécurité société pur Indépendants. Une étude commanditée par la ministre Sabine Laruelle auprès des 7000 indépendant avait révélé que 77% d’entre eux étaient favorable à cette modernisation du système de perceptoin des cotisations sociales.

Aujourd’hui, tout travailleur soumis au statut d’indépendant paie des cotisations sur base des revenus engrangés trois ans auparavant. Ce décalage peut entraîner des situations très difficiles pour une personne dont les rentrées chutent fortement mais qui doit continuer à s’acquitter de cotisations sociales importantes.

J-C V.

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