Un chef d'entreprise sur trois ignore ce qui se cache derrière le concept d'industrie 4.0

Michel Gassée sur le concept d'industrie 4.0 dans Ecomatin sur La Première.
Michel Gassée sur le concept d'industrie 4.0 dans Ecomatin sur La Première. - © RTBF

Les nouvelles technologies ont un impact important dans notre vie de tous les jours et le secteur de l’entreprise n’y fait pas exception.

Or, un chef d’entreprise sur trois ignore que l’industrie 4.0 renvoie à une nouvelle génération d’usines connectées, avec des technologies de pointe comme l’intelligence artificielle, la robotique, le Big Data, la réalité virtuelle, la réalité augmentée ou encore les objets connectés.

C’est le constat de Laurie Pilo, directrice générale d’Ayming Benelux. Elle vient de publier son deuxième baromètre de la recherche et développement belge : "On a voulu faire un focus cette année sur ce qu’on appelle l’industrie 4.0. C’est le produit de la quatrième révolution industrielle, ça désigne une nouvelle génération d’usines connectées et c’est effectivement l’avenir. On s’est rendu compte que l’automatisation des processus de production n’est souvent pas la priorité, et c’est effectivement assez interpellant. Ça fait déjà pressentir que ces projets ne sont pas toujours détectés comme étant finançables et c’est interpellant de manière générale de voir que les entreprises ne focalisent effectivement pas plus sur l’automatisation des processus".

Une ignorance qui, à terme, menace leur compétitivité. Cela dit, c’est surtout vrai pour les PME — les petites et moyennes entreprises — et sans doute moins pour les grandes entreprises.

Comment expliquer ce manque d’intérêt ?

En partie par le fait que dans une série d’entreprises, la priorité absolue est l’innovation en matière de produits, l’innovation de services et aussi les innovations scientifiques et techniques. Ces innovations priment apparemment souvent sur l’innovation liée au processus de production.

Un chiffre : 61% des entreprises négligent l’innovation dans les processus de production.

Un autre chiffre : pour 81% des entreprises, l’optimalisation du financement de la recherche et développement est une priorité.

Mais en pratique, les financements publics directs et indirects de la R & D (recherche et développement) restent largement sous-utilisés comme le souligne Laurie Pilo : "Largement sous-utilisés par les entreprises en général, plus utilisés par les grandes entreprises que par les plus petites. C’est une question de moyens et c’est aussi une question de complexité. Il faut savoir naviguer dans ces différentes mécaniques".

Et même quand une mesure est bien connue, comme la réduction de précompte professionnel pour les chercheurs, c’est compliqué, et donc susceptible aussi de générer des erreurs avec derrière un redressement fiscal.

"Ce sont des mesures qui deviennent aussi de plus en plus matures en Belgique et qui font dès lors l’objet de plus en plus de contrôles fiscaux. On voit entre 2018 et 2019 — c’est aussi un des enseignements de ce baromètre — que de plus en plus d’entreprises sont redressées suite à des difficultés d’application de ces mesures", ajoute directrice générale d’Ayming Benelux.

Ce qui est évidemment paradoxal, puisque ces mesures de soutien sont censées aider les entreprises à financer leurs efforts de recherche et de développement, et pas à générer du contentieux fiscal.

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