Un atelier de maintenance pour long-courriers à Charleroi, avec l'Asie en ligne de mire

L’aéroport de Charleroi a présenté mercredi son nouvel atelier de maintenance, sorte de garagiste pour avions. C’est l’entreprise Sabena Aerospace qui en est responsable. Cet atelier est spécialisée dans l’entretien d'avions pour les vols long-courriers. C’est un signe de plus de la volonté de l’aéroport de Charleroi de grandir et surtout de se diversifier.

Jusqu’à présent, l’aéroport de Charleroi avait un peu cette étiquette "d’aéroport Ryanair", le low cost européen. Aujourd’hui, Charleroi a clairement l’ambition de devenir un aéroport international avec des vols long-courriers. Le premier résultat tangible de cette politique de développement est l’arrivée d’Air Belgium qui vole vers Hong Kong avec trois avions. Ce sont les premiers vols long-courriers au départ de Charleroi et il fallait évidemment un atelier pour les entretenir.

Jean-Jacques Cloquet, le patron de l’aéroport de Charleroi, espère bien que ces toutes nouvelles infrastructures attireront dans l’avenir d’autres compagnies. "C’est un atout qui vient s’ajouter aux autres, qui peut entretenir des avions long-courriers, en tout cas pour l’instant. Cette ambition de diversification vers du long courrier vient vraiment en complément. C’est un atout qui nous aidera pour la poursuite de notre développement."

Concurrencer Zaventem

Est-ce que ce développement va se poursuivre en coulisses ? Selon nos informations, il y a effectivement des discussions bien avancées avec certaines compagnies, dont une compagnie chinoise en particulier. Il est probable que de nouveaux vols long-courriers décollent depuis Charleroi dans les prochains mois ou peut-être les deux-trois prochaines années.

Vers quelle destination ? Sans doute vers l'Asie. Cette zone du monde est en plein développement et Zaventem est assez peu connectée avec ce continent pour le moment. C’est clairement un marché à prendre.

L’ambition de Charleroi, c'est de laisser les destinations historiques de Zaventem (l’Afrique et l’Amérique) à Zaventem. Puisqu’ils l’ont toujours fait, ça va être compliqué d’aller prendre des parts de marché là. Par contre, Charleroi pourrait bien se positionner sur l’Asie. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le premier vol long-courrier de Charleroi est vers Hong Kong.

Cela dit, les États-Unis et le Canada intéressent quand même aussi Charleroi, mais sans doute là avec des connexions plutôt vers des aéroports régionaux pour lesquels il y a de plus en plus de demandes. L’ambition de l’aéroport de Charleroi est d'atteindre 10 millions de passagers d’ici 2025. C’est un quart de plus qu’aujourd’hui.

Un aéroport de transit

Le rallongement de la piste de Charleroi fait aussi partie de cette stratégie de diversification. "L’allongement de piste, qui est hyper stratégique, ce sera pour mi-2021. Mais derrière ça on étudie de nouveaux projets pour le terminal. Vu que notre réflexion est qu’on devra avoir aussi une partie de notre terminal qui sera capable d’être un hub. Et donc de traiter du transit. Ce sont les projets qu’on étudie à l’heure actuelle", confirme Jean-Jacques Cloquet.

Après le long-courrier, l’autre grande ambition de Charleroi sera de devenir un aéroport de transit. Donc ne plus seulement être une destination finale, mais un aéroport dans lequel on fait une escale. Pour ça, il faut réaménager tout le terminal et créer de nouvelles infrastructures.

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