Un an après la restructuration d'ING Belgique, où en est-on?

Un an après la restructuration d'ING Belgique, où en est-on?
Un an après la restructuration d'ING Belgique, où en est-on? - © DIRK WAEM - BELGA

C'était il y a un an. Le 3 octobre 2016, la banque ING annonçait son intention de supprimer plus de 3000 emplois équivalents temps plein sur un total de 9400 et de diviser par deux le nombre de ses agences en Belgique. Il y avait bien des rumeurs qui circulaient depuis plusieurs semaines sur une possible restructuration, mais ce jour-là, le choc est violent.

"Tant qu'on continuera à faire croire à l'opinion publique que la masse salariale et les emplois en Belgique sont les seules variables d'ajustement, on devra subir ce genre de massacre social", réagissait à l'époque Anetta Verstraeten, permanente CNE Finances. 

Ces mots traduisaient la surprise et la colère du personnel et des représentants syndicaux face à l'ampleur du plan social. "On a vécu ça comme une traîtrise teintée de beaucoup d'arrogance", raconte aujourd'hui le syndicaliste Philippe Samek.

Un dialogue social toujours compliqué

Un an après, où est-on? Une convention collective de travail court jusqu'en 2021. Mais le dialogue social reste compliqué. La confiance a été entamée. A ce stade, un millier d’employés ont accepté de partir, essentiellement des 55 ans et plus.  Dans les quatre prochaines années, il devrait y avoir plus de 2000 départs supplémentaire dont sans doute un grand nombre de licenciements secs.

Cette situation génère beaucoup d’incertitude et de stress au sein du personnel. Des milliers de salariés ont déjà passé de tests d’évaluation en interne. Certains seront obligés de postuler à nouveau pour la fonction qu’ils exercent déjà aujourd'hui. D'autres vont devoir se porter candidat pour un nouveau poste en interne. Si ça ne marche pas, ils seront licenciés.

Une restructuration justifiée?

En octobre 2016, Rik Vandenberghe, le CEO d'ING Belgique, justifiait le projet de restructuration par des taux bas et une digitalisation des services. "Les taux extrêmement bas mettent une pression incroyable sur notre modèle, expliquait-il. Il y a aussi la digitalisation. Le client qui veut vraiment pour certaines transactions avec la banque avoir une expérience WhatsApp. Tout doit être immédiat. On doit pouvoir s'adapter et investir pour faire cela."

Est-ce qu'on peut dire que ces arguments justifiaient vraiment une telle restructuration? Oui et non. Il est exact que les taux d’intérêt sont toujours très bas, que la digitalisation est incontournable et que les attentes de consommateurs ont évolué.

Mais un an plus tard, on voit aussi que tout cela n’empêche pas ING Belgique de gagner beaucoup d’argent : 462 millions d’euros de bénéfice avant impôts au premier semestre de cette année sur un revenu de l’ordre de 1 milliard 660 millions.

ING Belgique va donc pouvoir continuer à rémunérer sa maison-mère. En dix ans, ING Belgique a déjà fait remonter plus de 7 milliards d'euros vers ING aux Pays-Bas.

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