Les Américains "extraordinairement inquiets" pour l'avenir de l'euro

Guy Verhofstadt dénonce "de nouvelles étapes insuffisantes"
Guy Verhofstadt dénonce "de nouvelles étapes insuffisantes" - © Nicolas Maeterlinck (Belga)

Les Etats-Unis se disent "extraordinairement inquiets" pour l'avenir de l'euro. Ceci alors que le renforcement de la discipline budgétaire décidé au sommet européen a été critiqué par les tenants de la gauche européenne, qui ont dénoncé le déficit démocratique des décisions et le choix de l'austérité.

Les Etats-Unis sont "extraordinairement inquiets" pour l'avenir de l'euro, a déclaré vendredi le plus haut gradé américain, le général Martin Dempsey, en évoquant les risques que feraient peser un "éclatement de l'Union" monétaire européenne pour l'Amérique. 

"Nous sommes extraordinairement inquiets de la santé et de la viabilité de l'euro parce que nous sommes d'un certain côté exposés", a-t-il expliqué devant l'Atlantic Council, un cercle de réflexion de Washington, rappelant l'importance du commerce entre Europe et Etats-Unis et "le risque de désordres civils et d'éclatement de l'Union".

L'austérité ne doit pas être la seule solution

"Je déplore sincèrement que l'austérité extrême semble être la seule idée que nos leaders aient eu pour résoudre la crise. Bien que je sois en total désaccord avec cette approche, j'insiste sur le fait que toute mesure prise doit être débattue de façon transparente et démocratique et décidée sur la base des méthodes communautaires", a déclaré le président du parti pan-eurpoéen d'extrême-gauche GUE (Gauche unitaire européenne), Lothar Bisky.

"Les peuples doivent avoir le droit de parole sur les changements drastiques qui sont actuellement en discussion. Un processus transparent et démocratique avec la pleine participation du Parlement et des peuples européens doit être respecté", a-t-il ajouté.

Les écologistes dénoncent la fuite en avant vers l'austérité

Même son de cloche du côté écologiste. Dans un communiqué, l'eurodéputé Ecolo Philippe Lamberts a reproché aux chefs de gouvernements d'avoir échoué à mettre au point une stratégie crédible. "Obsédé par la Grèce - seul cas d'inconduite budgétaire grave - le Conseil poursuit sa fuite en avant vers l'austérité comme seule réponse à la crise", déplore-t-il.

Mais l'aspect le plus inquiétant, à ses yeux, est que les décisions "sont confisquées par le Conseil européen, opérant à huis-clos en coopération étroite avec la Commission".

"Les parlements nationaux, quant à eux, se voient attribuer un rôle de chambres d'enregistrement, sous le contrôle de la Cour européenne de Justice. Il en va de même pour le Parlement européen qui, après avoir apporté son assentiment à la mise en place de certains éléments du nouveau dispositif, sera écarté des opérations", critique-t-il.

Guy Verhofstadt juge les "nouvelles étapes insuffisantes"

Le chef du groupe libéral au Parlement européen, Guy Verhofstadt, a pris acte vendredi des "nouvelles étapes" posées par les dirigeants européens en matière de discipline budgétaire, tout en jugeant que celles-ci ne seront pas suffisantes.

"Nous doutons que cela suffise à résorber la crise dans l'immédiat. Il n'y a pas de mention que la BCE puisse intervenir plus massivement comme prêteur, ni d'euro-obligations, ni même de caisse d'amortissement pour la dette excessive. Ce n'est pas encore ce dont nous avons besoin", a réagi l'ancien Premier ministre belge.

Commentant la décision d'un nouveau projet de traité européen de discipline budgétaire, Guy Verhofstadt a jugé que celui-ci ne serait "acceptable" que si la méthode communautaire et le contrôle démocratique étaient pleinement respectés.

"Je n'exclus pas un recours à la Cour européenne de justice si ces garanties ne sont pas explicitement prévues. La meilleure manière d'éviter cette situation est d'impliquer le Parlement dans le processus d'élaboration", a-t-il averti.

RTBF avec Belga et AFP

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