Uber pourrait disparaître d'ici cinq ans... à moins de doubler ses prix

"Uber risque de disparaître d’ici cinq ans", c'est ce qu'affirmait Amid Faljaoui ce lundi dans sa chronique sur Matin Première. C’est plutôt assez étonnant, mais comme dit l’adage, "tout ce qui qui monte un jour finit par descendre un autre jour". 

Uber est une start-up un peu particulière dans le sens où elle est valorisée 70 milliards de dollars, mais on oublie que dans la Silicon Valley, sept entreprises sur dix font finalement faillite et neuf sur dix ne gagnent jamais d’argent. Et pour le moment c'est  le cas d’Uber.

Certains experts qui analysent ça de près estiment que si Uber ne double pas ses prix, elle risque effectivement de disparaître d’ici trois ou cinq ans.  

On a beaucaoup parlé des soupçons de harcèlement et du vol non signalé de données technologiques, mais selon Amid Faljaoui, si le patron d’Uber a dû faire un pas de côté et laisser quelqu’un d’autre gérer la boîte à sa place, c'est parce que "le Conseil d’administration s’est surtout rendu compte qu’il n’avait pas la moindre idée de comment faire gagner de l’argent à son entreprise Uber. Il a essayé de le faire, notamment en se lançant dans la livraison de repas, style Uber Eats. Mais on l’a bien vu avec Take Eat Easy, c’est très difficile de gagner de l’argent, et en plus il y a énormément de concurrents. Il a essayé de s’implanter en Chine et il s’est fait éjecter: a moitié de ses pertes viennent de là. Il a aussi essayé de caser plus de personnes dans la même voiture, le UberPool, mais ça n’a pas plu ni aux passagers ni d’ailleurs aux chauffeurs".

Pour le spécialiste de l'économie, "le gros problème d’Uber est qu’ils sont basés sur une technologie qui n’est pas extraordinaire: on peut la reproduire pour quelques centaines de milliers d’euros. Or, si quelqu’un d’autre arrive sur le territoire, la seule manière de réagir est de baisser les prix. Mais s’ils baissent les prix, ils vont devoir toucher à leur marge, et comme ils ne veulent pas toucher à leur marge, ils vont alors toucher à la marge du chauffeur. Le chauffeur ne va pas être très content, et il va changer de plateforme".

On se rend ainsi compte que même dans des territoires où Uber a la majorité du marché (85% aux Etats-Unis), "ils ne gagnent toujours pas d’argent. On se rend compte que, finalement, le modèle économique d’Uber est vicié à la base. Et si rien ne change d’ici 3 ans ou 5 ans, l’entreprise risque donc de disparaître".

Du côté d'Uber, on semble miser sur la voiture autonome, car là, il ne faudra pas rétribuer le chauffeur: "Dans le meilleur des cas, d’après les experts, elle ne viendra pas avant 2025. Et il n’est pas sûr que les investisseurs qui sont derrière voudront encore que leur argent soit perdu, et attendront jusqu’à 2025. Au final, Uber est peut-être un peu une bulle spéculative, un petit peu comme le bitcoin...."

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