Trump prévient la Chine: un "Tiananmen" à Hong Kong compromettrait un accord commercial

Donald Trump a prévenu la Chine, dimanche 18 août, qu'une répression des manifestations de Hong Kong similaire à l'écrasement du mouvement de la place Tiananmen compromettrait la conclusion d'un accord commercial
3 images
Donald Trump a prévenu la Chine, dimanche 18 août, qu'une répression des manifestations de Hong Kong similaire à l'écrasement du mouvement de la place Tiananmen compromettrait la conclusion d'un accord commercial - © Johannes EISELE

Le président américain Donald Trump a prévenu dimanche la Chine qu’une répression des manifestations de Hong Kong similaire à l’écrasement du mouvement de la place Tiananmen compromettrait la conclusion d’un accord commercial sino-américain.

"Je pense qu’il serait très difficile de conclure un accord s’ils exercent de la violence, […] si c’est une autre place Tiananmen", a déclaré M. Trump à des journalistes dans le New Jersey (nord-est des Etats-Unis) alors que des centaines de milliers de manifestants pro-démocratie ont à nouveau défilé dimanche à Hong Kong.

"Je crois que ce serait très difficile à faire s’il y avait de la violence", a ajouté le président.

Les manifestations se succèdent à Hong Kong depuis plus de deux mois et la Chine a récemment durci le ton, faisant redouter une répression comme celle de juin 1989 à Pékin, lorsque l’armée chinoise avait mis fin au mouvement pro-démocratie mené par des étudiants en faisant des centaines voire plus d’un millier de morts.

Si une telle situation se répétait à Hong Kong, "je crois qu’il y aurait un sentiment politique énorme" qui porterait à "ne rien faire" dans le domaine des négociations commerciales avec la Chine, a déclaré M. Trump.

Une issue pacifique

Le président des Etats-Unis a de nouveau exprimé son souhait que la crise de Hong Kong ait une issue pacifique. "J’aimerais beaucoup voir cela résolu d’une manière humaine", a-t-il dit, appelant le président chinois Xi Jinping à négocier avec les contestataires.

M. Trump a fait ces déclarations alors que son principal conseiller économique, Larry Kudlow, a assuré dimanche matin que Washington et Pékin tentaient activement de remettre sur les rails les négociations pour mettre un terme à la guerre commerciale qui les oppose et agite les marchés.

Des entretiens téléphoniques sont prévus pour les dix prochains jours, et s’ils sont fructueux, des négociations sino-américaines à un niveau plus élevé pourraient reprendre, a précisé M. Kudlow.

Alors que M. Trump était de plus en plus critiqué à Washington pour une position jugée trop prudente sur la crise de Hong Kong, l’administration américaine a haussé le ton depuis le milieu de la semaine.

Les Etats-Unis sont "très préoccupés" par "les mouvements paramilitaires chinois" à la frontière avec Hong Kong et appellent la Chine à "respecter le haut degré d’autonomie" de l’ex-colonie britannique, a déclaré mercredi le département d’Etat.

"Nous condamnons la violence et exhortons toutes les parties à faire preuve de retenue, mais restons déterminés dans notre soutien à la liberté d’expression et à la liberté de réunion pacifique à Hong Kong", a dit un porte-parole de la diplomatie américaine.

"Les Etats-Unis exhortent fermement Pékin à respecter ses engagements contenus dans la déclaration conjointe sino-britannique (de 1984, encadrant la rétrocession intervenue en 1997) afin de permettre à Hong Kong d’exercer un haut degré d’autonomie", a insisté le porte-parole américain.

Un quotidien chinois a fait vendredi une rare allusion à la répression de Tiananmen, sujet tabou en Chine, pour expliquer qu’une éventuelle intervention armée à Hong Kong ne serait pas une répétition du carnage commis en 1989 par les militaires chinois.

L'usage de la force demeure une possibilité

"Pékin n’a pas décidé d’intervenir par la force afin de mater les émeutes à Hong Kong, mais cette option est à l’évidence à sa disposition", a averti dans un éditorial le quotidien de langue anglaise Global Times.

Mais même si le régime communiste décidait d’envoyer l’armée contre les manifestants, "l’incident à Hong Kong ne sera pas une répétition de l’incident politique du 4 juin en 1989", a assuré le quotidien.

L’incident à Hong Kong ne sera pas une répétition de l’incident politique du 4 juin en 1989

Avant Donald Trump, son conseiller à la sécurité nationale John Bolton a évoqué la répression de la place Tiananmen pour appeler la Chine à la modération.

"Les Chinois doivent faire très attention aux mesures qu’ils prennent, parce que les Américains se souviennent de la place Tiananmen", a déclaré M. Bolton dans un entretien à Voice of America diffusé jeudi.

"Ils se souviennent de l’homme debout face à une file de tanks. Et ils se souviennent de la répression du gouvernement chinois en 1989. Ce serait une grosse erreur de créer de nouveaux souvenirs comme ceux-là à Hong Kong", a insisté M. Bolton.

Journal télévisé 18/08/2019

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK