Trois questions pour comprendre la faillite de Toys"R"Us, le géant américain du jouet

Toys R' Us s'est déclaré en faillite, mais continue à opérer le temps de restructurer sa dette.
Toys R' Us s'est déclaré en faillite, mais continue à opérer le temps de restructurer sa dette. - © JUSTIN SULLIVAN - AFP

Le dossier d'Ecomatin était consacré à ce mercredi à un coup de tonnerre dans le monde du jouet : la célèbre enseigne américaine Toys"R"Us vient de se placer sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites aux États-Unis.

Comment expliquer une telle décision ?

En dépit de sa taille, 1600 magasins, 64 000 salariés et un chiffre d'affaires annuel autour de 11 milliards et demi de dollars, Toys"R"Us est en train d'étouffer sous le poids d'une dette de 5 milliards de dollars.

Il faut donc la restructurer avec l'accord des créanciers, sous la surveillance d'un tribunal, mais sans interrompre l'activité. C'est ce que permet le fameux chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites.

Pourquoi maintenant, à quelques semaines de la période cruciale des fêtes de fin d'année ?

La direction de Toys"R"Us n'a sans doute pas eu le choix. Pour un distributeur de jouets, c'est tout simplement le pire moment pour lancer une procédure de sauvegarde de l'activité, et ce timing en tous cas a beaucoup surpris du côté de l'agence Bloomberg.

"Je ne pense pas que cette déconfiture soit une vraie surprise. Ce qui est surprenant, c'est le moment. Très peu de distributeurs choisiraient de faire aveu de faillite juste avant les fêtes de fin d'année qui assurent une grosse part de leurs revenus. Pour Toys"R"Us par exemple, cette période génère 50% de ses revenus annuels", note un analyste chez Bloomberg.

Comment Toys"R"Us en est arrivé là ?

Toys"R"Us n'a jamais vraiment digéré son rachat par deux fonds d'investissements en 2005. Ils ont à l'époque utilisé la technique du LBO, le "Leverage Buy-Out". Sans entrer dans des détails techniques, le coût de ce rachat a pesé essentiellement sur Toys"R"Us et l'a privé en fait des moyens financiers dont l'enseigne aurait eu bien besoin pour investir non seulement dans son réseau de magasins "physiques", en briques, mais aussi plus important encore dans la vente en ligne.

L'enseigne a aussi beaucoup souffert de l'émergence d'Amazon, comme dans bien d'autres secteurs. Amazon est aujourd'hui le numéro 1 des ventes de jouets aux États-Unis.

Ce qui est piquant c'est que, au début des années 2000, Toys"R"Us bénéficiait d'une présence exclusive sur Amazon pour les jouets et les articles pour bébés. Mais rapidement, Amazon a ouvert son site à d'autres vendeurs de jouets et l'accord a tourné court. Toys"R"Us a pris alors beaucoup de retard dans la vente en ligne.

Sans oublier que l'enseigne doit faire face à une guerre des prix qui fait rage non seulement sur internet, mais aussi avec d'autres gros vendeurs de jouets, comme le distributeur Walmart ou encore Target.

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