Travail intérimaire: emploi kleenex ou réelle valeur ajoutée?

Moins bouche-trou que par le passé, le travail temporaire est en pleine évolution. Les entreprises sont plus exigeantes sur les profils mais elles estiment aussi mieux reconnaître les compétences.
Moins bouche-trou que par le passé, le travail temporaire est en pleine évolution. Les entreprises sont plus exigeantes sur les profils mais elles estiment aussi mieux reconnaître les compétences. - © Tous droits réservés

Près de 600 000 Belges ont travaillé en 2015 via l'interim, un record absolu. Au-delà du nombre, c'est le profil de l'emploi temporaire qui évolue. Une enquête internationale démontre que pour l’entreprise, l’intérimaire a une valeur ajoutée et, c’est elle qui le dit, reconnue.

D’abord une question: pourquoi ce boom du travail intérimaire? Il y a plusieurs explications mais la plus évidente, c'est la disparition de la période d'essai depuis le 1er janvier 2014. Clairement, les entreprises utilisent l'interim pour tester des candidats à l'emploi fixe.

L'autre raison importante, c'est la souplesse. Dans un contexte de conjoncture amorphe, l'employeur évite de prendre des risques. L'intérim a un coût, mais également une grande flexibilité. Vu du point de vue du travailleur, on évoquerait plutôt la précarité car on ne parle évidemment pas de CDI, de contrat à durée indéterminée. Mais on n'est pas, ou plus, dans l'emploi kleenex.

Plus d’exigences

Le cabinet international de recrutement Page Personnel a mené une étude auprès de 2000 recruteurs et 4000 professionnels dans le monde, dont la Belgique. Il est question des employés: la demande des entreprises est plus pointue, plus précise. Les intérimaires doivent être autonomes, plus en communication dans l'entreprise, donc mieux intégrés. Parallèlement, le niveau de compétences demandées s'est accru.

Les secteurs demandés restent classiques comme l'explique Dorothée Van de Water, exécutive manager chez Page Personnel Belgique : " Pour les employés, il y a énormément de demandes en banque finance, en comptabilité, tout ce qui est secrétariat, pour le ‘management et personnal assistant’ ou encore pour les relations clients ".  

Idéalement l'intérimaire doit être "plug & play", opérationnel tout de suite. Ce qui n'empêche pas trois employeurs belges sur quatre de fournir des formations aux temporaires. De la à dire que l'intérim est devenu une porte d'entrée privilégiée sur le marché de l'emploi, c'est aller un peu loin, mais son image change aussi dans l'esprit des candidats.

Changement d’orientation

Les commentaires de Dorothée Van de Water : " Vous avez des profils juniors qui sortent de l’école. Ils ont très peu d’expérience en entreprises et donc ils sont contents de commencer par l’intérim pour découvrir le marché du travail. Il y a aussi des intérimaires qui sont ravis de changer d’entreprise parce qu’ils détestent la monotonie, voire même des personnes travaillant en CDI et qui souhaitent tester de nouvelles voies pour leur carrière. Globalement les profils très compétents sont recherchés et donc également valorisés ".

C'est évidemment le point de vue, forcément subjectif, du recruteur mais l'enquête montre que c'est aussi une réalité. Aujourd'hui 62 % des travailleurs temporaires ont plus de dix ans d'expérience et deux sur trois ont au moins un diplôme du niveau du BAC.

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