Trains, application, WiFi... La patronne de la SNCB veut "passer à l'acte"

Trains, application, WiFi... La patronne de la SNCB veut "passer à l'acte"
Trains, application, WiFi... La patronne de la SNCB veut "passer à l'acte" - © Tous droits réservés

Le franc-parler de Sophie Dutordoir, CEO de la SNCB, n'a pas laissé les députés indifférents ce mercredi en Commission Infrastructure à la Chambre. Après sept mois aux commandes, elle est venue expliquer son plan stratégique pour l'entreprise ferroviaire.

À son arrivée à la tête de la SNCB, Sophie Dutordoir confie sur La Première ce jeudi avoir "été quand même touchée par la culture d'entreprise" qu'elle a "détectée dans cette entreprise (...), une culture basée sur une hiérarchie assez importante, peu d'autonomie, peu de responsabilisation, une culture de l'écrit, une culture de travailler derrière des portes fermées".

Mais, derrière ce tableau a priori bien sombre, "j'ai été tout aussi agréablement surprise par cette entreprise, cette société vraiment remarquable, dit-elle. Remarquable à trois points de vue : de par sa mission d'abord – c'est une mission vitale pour la société et pour les Belges –, ensuite, par les atouts forts qu'elle représente – sécurité de personnes, durabilité, compétitivité – et, enfin, toute cette compétence, ces engagements, ces collaborateurs présents dans la maison et qui demandent juste qu'on leur dise quoi faire pour redresser ensemble la société pour la faire entrer dans la modernité et la performance".

Bien informer en cas d'incident

Comme ses prédécesseurs, Sophie Dutordoir a mis l'accent sur le client. Lequel doit être au centre de la stratégie de la SNCB. Mais, si le slogan est relativement le même, la patronne du rail dit vouloir "passer à l'acte", sans pour autant miser sur "de grands bouleversements"

"Je voudrais, c'est que le client, en prenant nos trains, nos 3500 trains tous les jours, voit tous les trimestres quelque chose qui se rajoute à l'offre, à commencer par une meilleure communication", détaille-t-elle.

Cela commence entre autres par une application pour smartphone performante en cas de perturbations : "C'est surtout au moment des incidents que le voyageur a vraiment besoin de savoir s'il pourra encore soit aller chercher son enfant à temps à la crèche, soit rendre visite à sa mère dans le home. Il faut qu'en cas d'incident, c'est-à-dire en cas de retard, un voyageur puisse s'organiser. Il faut donc qu'il sache s'il aura encore une correspondance, quelles sont les voies alternatives, les moyens de transport alternatifs ou les bus pour arriver à destination. C'est donc surtout sur ce point-là, sur cette communication 'real time' (en temps réel, ndlr), que je veux travailler".

Une augmentation de l'offre de 5%

Quant à l'offre, il n'est pas rare d'entendre des usagers francophones avoir le sentiment d'être moins bien traités que les usagers flamands : trains plus vétustes, horaires moins adaptés... Mais Sophie Dutordoir balaie et nuance : "Il n'en est rien, mais il se fait que le réseau ferroviaire est moins déployé du côté francophone que du côté néerlandophone".

"L'implémentation d'un nouveau plan de transport" qui "touche vraiment à toute la Belgique" va augmenter l'offre de 5%, ajoute, optimiste, la CEO de la SNCB, tout en précisant que "cela concerne aussi Charleroi, Liège, tout comme Gand ou Anvers, voire aussi les régions plus rurales dans ce pays".

"On va augmenter, dans 20% de nos haltes, l'offre en week-end et en heure de pointe, il y aura plus de correspondances, plus de places assises, et ça vaut vraiment pour tout voyageur : tant du côté néerlandophone que du côté francophone du pays, qu’en zones RER."

Le WiFi dans les trains ? C'est non

Quid enfin du WiFi ? Doit-on s'attendre à ce qu'il se généralise prochainement (enfin ?) dans les trains ? Non, répond Sophie Dutordoir, catégorique. "Nous n'allons pas faire de WiFi dans le train, nous allons faire du WiFi dans les gares".

Ainsi, d'ici le premier trimestre 2018, les 25 gares plus importantes de la SNCB seront équipées de WiFi, annonce-t-elle. "En même temps, et c'est ce qui ressort de nos concertations avec les opérateurs télécoms, on me dit que 98% de nos gares sont déjà couvertes par la 4G et qu'avec les plans de déploiement le long des grandes lignes, toutes les grandes lignes seront effectivement équipées d'ici fin 2018 d'une couverture 2G, 3G et 4G. Donc WiFi dans les trains, non ; WiFi en gares, oui."

En parlant de gares, les projets pharaoniques, Sophie Dutordoir n'en veut plus. Elle laisse entendre que la gare de Mons sera terminée – "pacta sunt servanda, des accords qui ont été conclus doivent être respectés" –, mais les chantiers qui n'ont pas encore été engagés, elle souhaite "qu'on redimensionne", plus modestement.

Le budget ? "Il faut une autre rigueur"

Côté budget – "610 millions par an pour investir" –, la patronne de la SNCB le trouve suffisant, mais elle souhaite une chose : "Que la SNCB apprenne à investir judicieusement chaque euro qui lui est donné".

"Je trouve qu'il faut une autre rigueur au niveau des investissements, développe-t-elle. Apprenons donc d'abord à bien gérer tous ces deniers précieux qui nous sont donnés par le gouvernement, qui viennent des contribuables. Et puis peut-être qu'à un moment donné, lorsque l'on aura appris cette gestion rigoureuse, je demanderais alors plus de sous pour mieux investir."

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