Tout savoir sur les Exchange Traded Funds, cette gamme de produits financiers qui séduit les investisseurs

La séquence "Le marché matinal" s’intéressait ce mardi matin sur La Première aux ETF, une gamme de produits financiers qui séduit de plus en plus les investisseurs, ce sont les Exchange Traded Funds (ETF).

Les ETF, ce sont des fonds d’investissement qui répliquent le plus fidèlement possible l’évolution d’un indice boursier particulier. Exemples : le BEL 20 à Bruxelles ou le Dow Jones à New York. Il y a aussi des ETF sectoriels sur l’énergie, sur les télécoms, et des ETF sur les matières premières — l’or, le café, le coton. En fait, il existe de par le monde des milliers d’ETF différents, et c’est évidemment tout l’intérêt.

Si ces produits connaissent maintenant un succès auprès des investisseurs, c’est notamment parce que les frais de gestion sont nettement plus bas que dans les fonds d’investissement classiques. Dans le contexte actuel, c’est très utile, explique Roland Gillet, professeur de finance à la Sorbonne et à l’ULB. "Des coûts de transaction très bas dans un monde où, pour le moment, les rendements étant très faibles, notamment sur les taux d’intérêt, voire étant parfois négatifs, de dire : 'Je diversifie et je minimise les coûts au travers d’ETF' peut être intelligent. D’autant plus que la majorité des ETF est au départ dupliquée des indices boursiers, avec l’idée, par rapport à des Sicav ou des fonds communs, de le faire à moindre coût."

Investir en fonction de son profil de risque

À long terme, la grande majorité des gérants professionnels, ceux qui constituent et gèrent les Sicav par exemple, font moins bien que le marché, donc moins bien que les indices, et donc moins bien en moyenne que les ETF.

Est-ce que ça veut pour autant dire qu’on peut finalement se contenter aujourd’hui d’investir en Bourse avec ces ETF sans passer par des professionnels ? Le rendement sera alors meilleur, et surtout les frais moins élevés ? Non, ce serait évidemment trop simple parce que construire et gérer un portefeuille boursier nécessite des compétences que tout le monde n’a pas. Le choix de ces placements, qu’il s’agisse d’ETF, de Sicav ou même d’actions individuelles, doit surtout correspondre à votre profil de risque.

"Le fait de dire à un moment donné : 'Est-ce que j’ai besoin de plusieurs ETF pour avoir mon portefeuille diversifié ou bien est-ce que je préfère un ETF beaucoup plus large où la diversification est faite directement ?' est un choix personnel, poursuit Roland Gillet. Mais je pense que le conseiller doit justement voir, quand il ne choisit pas la toute grande diversification, pourquoi est-ce que c’est mieux de faire du saucissonnage, et voir en quoi à ce moment-là, et c’est ça son rôle, le profil de risque de la personne, avec dedans l’âge, l’horizon de placement et ce qu’il veut faire en termes de prise de risque, est bien plus fondamental que de dire : 'Je vais faire un tuyau sur telle société ou sur telle autre.'"

Le maître-mot : la diversification

Et les tuyaux percés sur les sociétés existent depuis que la Bourse existe. Bref, la diversification, c’est mot vraiment essentiel dans ce débat. Elle doit être vraiment large. Il ne suffit pas de se dire : "J’ai investi dans un ETF qui réplique l’indice BEL 20, par exemple, à Bruxelles, donc 20 valeurs dans des secteurs différents, c’est bon et ça suffit".

Pour Roland Gillet, "ce n’est pas que les sociétés belges sont mauvaises. Mais aujourd’hui, quand on voit qu’on est dans un monde globalisé, et même en ajoutant les effets de change, les effets de possibilités d’erreurs dans certains pays, comme on l’a vu, d’erreurs de gestion ou bien de crise qui sont là, plus on est diversifié et mieux on élimine le risque qu’on appelle spécifique. C’est toujours ça aussi, les gens sont souvent ancrés sur le rendement."

Or, poursuit le professeur de finance et auteur avec Georges Hübner du libre "La gestion de portefeuille — instruments, stratégie et performance", "on sait depuis longtemps en gestion de portefeuille que l’espérance de rendement d’un portefeuille est un peu une moyenne pondérée des actifs que vous mettez dedans, mais vous n’arrivez pas à amener quelque chose de plus sympathique. Tandis qu’en diversifiant, là vous voyez que vous éliminez une partie de risque. Donc, une très bonne diversification, c’est surtout à ça qu’elle sert".

Limiter le risque, c’est donc bien dans cette perspective qu’il peut être pertinent d’utiliser les ETF, qu’on appelle aussi parfois les trackers.

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