Toujours plus de voitures de société en Belgique malgré les mesures fiscales

Quelques chiffres pour commencer: en Belgique, 40% des voitures dans le trafic sont des voitures de société. Il en existe deux types: les voitures "fonctions" (utilisées par les taxis par exemple) et les voitures "salaires", qui font office de rémunération en nature pour les entreprises qui peuvent les déduire fiscalement.

Selon certaines sources, sur 1,1 million de voitures de société en Belgique, on estime qu’environ 400 000 d’entre elles sont des voitures salaires. Ce qui, d'après l'OCDE, place notre pays au premier rang de la défiscalisation des voitures de société. (Ces données et informations sont à retrouver dans le Question à la Une: Voiture salaire, qui paie?).

2012: nouveau régime fiscal

En 2012, un nouveau régime fiscal pour les voitures de société, censé rapporter 200 millions d’euros aux caisses de l'Etat, est mis en place par le gouvernement. Ce régime comporte une taxe qui tient compte de la valeur-catalogue du véhicule (prix TVA comprise et coût des options) mais aussi des émissions de CO2.

De quoi viser donc en priorité, les gros véhicules les plus polluants et les plus chers avec une répartition entre employeurs et employés dans l'acquittement de la taxe.

Ce régime fiscal semble pourtant n'avoir rien changé à la popularité des voitures de société, puisque, toujours selon l'étude relayée par l'Echo, le nombre de voitures de société en circulation chez nous a même augmenté de 13% depuis 2010.

"La gamme change, pas le volume distribué"

Alors cette réduction d’avantages a-t-elle réellement eu un impact ? Pour Christophe Dubon, conseiller en relations publiques à la FEBIAC, "oui, il y a eu un. Pas au niveau du volume de véhicules distribués mais bien au niveau des modèles immatriculés. On privilégie des modèles plus 'bas de gamme' plutôt que des grosses berlines. Soit des modèles plus écologiques qui émettent moins de CO2. De plus ces modèles sont changés tous les quatre ans."

Pour la FEBIAC, la problématique des voitures de société "est un débat récurrent en Belgique. Les charges sur le travail étant tellement élevées que la voiture de société reste l’alternative privilégiée, et pour l’employeur et pour l’employé."

Christophe Dubon n’exclut cependant pas l’alternative de remplacer ces voitures par un salaire "une proposition dans l’air du temps" mais selon lui, "la voiture de société fait tourner l’économie. Si on arrête du jour au lendemain l’octroi de ces voitures, les personnes concernées se tourneront vers des voitures privées. C’est une bonne chose si, en contrepartie, on peut leur proposer une offre au niveau des transports en commun. Mais c’est une offre qui n’est pas sans conséquence vu les contraintes qu’imposent les services publics de transport. "

Le nombre croissant de voitures de société, un problème qui s’inscrit dans une réflexion plus globale pour la FEBIAC pour qui les différentes alternatives proposées doivent être mieux développées.

A. Glaudot

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