Toucher à l'index serait "une déclaration de guerre" pour la FGTB

Pour la centrale générale de la FGTB, toucher à l'index serait une "déclaration de guerre"
Pour la centrale générale de la FGTB, toucher à l'index serait une "déclaration de guerre" - © Archive AFP / JOHN THYS

A l'issue d'un colloque sur l'indexation automatique des salaires, la Centrale générale de la FGTB a réaffirmé mardi, à l'approche des prochaines négociations sur un nouvel accord interprofessionnel, son refus de toute modification de l'index. "Ce serait une déclaration de guerre", a averti Paul Lootens, secrétaire général de la Centrale générale.

"Toutes les réformes qui sont proposées amputent l'index. Pour nous, ce serait une attaque frontale, une déclaration de guerre et nous y répondrions de manière adéquate", a prévenu le secrétaire général.

Selon le président de la Centrale générale, Alain Clauwaert, la réponse syndicale à une telle attaque pourrait prendre la forme d'une grève, voire le cas échéant, d'une grève nationale de 24 heures.

La Centrale générale de la FGTB avait invité deux professeurs d'économie, Alfred Kleinknecht (Université de Delft) et Robert Plasman (ULB), pour un colloque intitulé "Nouveaux regards sur l'index".

"Pourquoi ce colloque? Cela fait des mois et des mois qu'il y a une sorte de pensée unique disant qu'il faut changer le système de l'indexation automatique des salaires", a expliqué Paul Lootens. "L'objectif était d'avoir un débat. Cela nous a renforcés dans l'idée que le mécanisme doit être maintenu dans tous ses aspects", a-t-il poursuivi.

De son côté, le professeur d'économie Robert Plasman a fait part de son analyse de l'étude menée il y a quelques mois par la Banque nationale de Belgique sur l'indexation en Belgique. "Des rapports très complets, très denses, faits très sérieusement" mais qui, en définitive, ne comportent que peu d'arguments favorables à une réforme de l'index, selon l'économiste.

"En matière de productivité, on voit en fait que l'essentiel de notre désavantage salarial se manifeste par rapport à l'Allemagne, et non par rapport à la France et aux Pays-Bas", explique Robert Plasman. Le pays a observé une compression des salaires ces dernières années. De plus, l'Allemagne a vu se développer les 'mini jobs', à 400 euros par mois, qui représentent 15% de l'emploi et une polarisation entre les "mauvais" et les "bons" emplois, souligne l'économiste, pour qui le modèle allemand, basé sur les exportations, ne peut pas être généralisé.

"Est-ce que cela vaut la peine de changer un système (l'index, ndlr) qui joue un rôle social et comporte finalement peu de conséquences négatives? ", s'est encore interrogé Robert Plasman. Un système d'indexation limité à 2% - soit environ le niveau d'inflation jugé acceptable par la BCE- générerait une croissance économique supplémentaire de 0,3% en 10 ans. "Est-ce que cela vaut la peine de changer un système pour 0,3% de croissance? 0,3%, cela représente un jour de grève...", a encore relativisé le professeur d'économie.

Belga

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