Thrillers et romans policiers, un business qui marche très bien

Thrillers et romans policiers, un business qui marche très bien
Thrillers et romans policiers, un business qui marche très bien - © Tous droits réservés

C’est ce lundi que sort la version française de "Bleu de Prusse" de Philip Kerr, le douzième roman d’une série policière qui nous emmène dans le Berlin des années 30. La montée du nazisme, la Seconde Guerre mondiale et la fuite des nazies racontées par un policier cynique et désabusé, Bernie Gunther.

Au départ pourtant, l’écrivain écossais Philip Kerr devait se limiter à trois romans, c’est dire le succès de ce qui s’appelait alors au départ : "La Trilogie berlinoise".

Qu’est-ce qui explique ce succès ?

D’abord le talent de l’auteur, évidemment, mais après si on regarde le phénomène littéraire sous l’angle marketing, on voit que la série des Bernie Gunther correspond bien aux attentes des amateurs du genre, de polars historiques.

"Le contexte historique est un élément important" confirme Michel Dufranne, spécialiste du polar. "On sait que le contexte Seconde Guerre mondiale est un moteur vendeur dans le monde de l’édition et le contexte enquête policière ou du moins polar, puisque ce qui est important c’est l’enquête ou le regard historique qu’on porte sur la société, troisième élément. Le succès anglophone, je ne peux pas l’expliquer parce que je ne maîtrise pas assez leur marché, mais on rentre dans ces catégories du côté francophone des romans qui bénéficient de l’aura d’un succès dans la nation d’origine".

Le succès entraîne le succès

Le succès entraîne le succès et les éditeurs en profitent souvent en ajoutant des bandeaux qui annoncent par exemple : "Déjà 500 000 lecteurs" ou "gagné tel ou tel prix à l’étranger ".

On voit le même phénomène avec les polars nordiques, très tendance eux aussi, notamment ceux qui ont gagné des récompenses à des festivals plus ou moins nébuleux. Ça dope les ventes chez nous.

Les prix des manuscrits s’envolent

Miser sur un auteur de polars étrangers connu est une stratégie gagnante pour les éditeurs. Cela a été vrai pendant très longtemps, mais selon Michel Dufranne, ce temps-là est révolu. Il devient de plus en plus difficile de rentabiliser l’investissement sur certains auteurs étrangers parce que les prix des manuscrits s’envolent, en particulier dans l’espace anglophone : "Le cinéma et les séries télé s’en sont mêlés, et donc achètent déjà les droits des manuscrits avant même publication dans l’espace anglo-saxon, puisqu’il y a un personnage-clé dans l’espace anglo-saxon qui existe peu dans l’espace francophone, qui est l’agent et qui est vraiment la plaque tournante. Un auteur remet son manuscrit à un agent et l’agent fait fructifier le manuscrit, que ce soit en trouvant un éditeur, en trouvant des droits cinémas, en trouvant des droits télés…".

Et les adaptations au cinéma peuvent elles aussi déboucher sur des succès financiers importants, comme celui-ci :

La trilogie " Millénium ", avec Daniel Craig et réalisé par David Fincher, écrite par Stieg Larsson en 2005, puis reprise pour la suite par David Lagercrantz.

Ce qui est intéressant aussi, c’est que le succès d’un film ou d’une série peut par ricochet dynamiser la vente des livres qui ont été adaptés au cinéma ou à la télévision. On a vu ça dans un autre genre avec "Game of Thrones" ou "Walking Dead".

Le marché du polar se porte bien. Les polars, mais aussi les thrillers et les romans policiers. Cela représente chez nous entre un quart et un tiers des ventes de livres. 

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