Thomas Cook engagé dans une course contre la montre pour éviter la faillite

Le voyagiste britannique en difficulté Thomas Cook a engagé une course contre la montre afin de trouver des financements supplémentaires d’ici ce week-end pour éviter une retentissante faillite et un rapatriement massif et coûteux de touristes.

Le groupe a été contraint de reconnaître vendredi dans un bref communiqué avoir besoin de 200 millions de livres (227 millions d’euros) de plus après de récentes informations de presse alarmistes sur son état de santé.

Le spécialiste des voyages clé en main doit trouver cet argent frais ce week-end ou il devra se placer sous le régime des faillites au Royaume-Uni.

Un dépôt de bilan du groupe l’obligerait à rapatrier immédiatement les 600.000 touristes qui sont actuellement en vacances avec Thomas Cook, dont 150.000 Britanniques, selon des sources proches du dossier. Ses clients proviennent majoritairement du Royaume-Uni et d’Allemagne.

Le coût de cette opération qui serait d’une ampleur quasi inédite atteindrait plusieurs milliards de livres, dont 600 millions pour la partie britannique à la charge des autorités.

L’Autorité britannique de l’aviation civile (CAA) a indiqué à l’AFP qu’un plan d’urgence était en place en cas de faillite de Thomas Cook, sans révéler les détails.

22.000 emplois menacés dans le monde

Ce serait l’opération de rapatriement la plus spectaculaire pour le Royaume-Uni depuis la faillite de la compagnie aérienne Monarch en octobre 2017 lors de laquelle le gouvernement avait organisé en catastrophe le retour de 110.000 passagers.

Une faillite de Thomas Cook, avec la possibilité que le groupe ne puisse pas se relever, menacerait en outre les 22.000 personnes employées dans le monde, dont 9000 au Royaume-Uni. Ses agences de voyage devraient également baisser le rideau.

S’il obtient les fonds nécessaires, Thomas Cook compte mettre la dernière main à son plan de restructuration après avoir trouvé récemment un accord pour céder le contrôle de son activité de tour-opérateur et une partie de sa compagnie aérienne au chinois Fosun.

"Les discussions sur les termes définitifs de la recapitalisation et la réorganisation du groupe se poursuivent avec de nombreux acteurs, dont son premier actionnaire Fosun", ainsi que ses banques et ses créanciers, indique Thomas Cook vendredi.

Mais le voyagiste prévient que ces négociations "comprennent une récente demande pour une ligne de crédit saisonnière de 200 millions de livres".

Ce montant s’ajoute aux 900 millions de livres qui doivent être injectés dans le groupe à l’occasion de sa restructuration faisant donc grimper la facture à 1,1 milliard de livres (1,2 milliard d’euros).

Thomas Cook, dont la dette nette s’élevait à quelque 1,2 milliard de livres, espère boucler l’opération début octobre.

Le syndicat de pilotes britanniques Balpa a quant à lui pointé du doigt la responsabilité des banques RBS et LLoyds qui ont selon lui exigé le financement supplémentaire.

Pas d’inquiétude pour les voyageurs belges

Du côté des agences de voyage, on était au courant des difficultés du groupe. "Cela ne date pas d’aujourd’hui, confirme Pascal Noel, propriétaire d’une agence de voyage à La Louvière. Je n’ai qu’un faible pourcentage de réservations par rapport à Thomas Cook, mais cela nous inquiète."

Pour les voyageurs en revanche, aucune perte financière ne serait à craindre. "Les agences de voyages et tour-opérateurs sont tenus de souscrire à une assurance insolvabilité qui protège les voyageurs. Je suis certains que la majorité des agences de voyage défendent leurs clients", tient-il à rassurer.

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