Thierry Geerts (Google Belgique) : la digitalisation est "la plus grosse opportunité qu'on a en Belgique"

Thierry Geerts, directeur général de Google Belgique, était l’invité de Matin Première ce vendredi 26 février. Après des mois où nos manières de vivre et, pour certains, de travailler, ont été transformées, il est venu défendre le rôle de Google dans cette crise sanitaire.

Celui qui vient de publier le livre "Homo digitalis" explique notamment comment Google s’est mis en contact avec les autorités belges au début de l’épidémie pour mettre en avant des informations vérifiées sur le Covid-19.

"C'est la première chose qu'on a faite quand la crise est apparue, c'est prendre contact avec les autorités belges pour voir quelles informations elles avaient de disponibles pour qu'on puisse les mettre au-dessus des résultats."

Fake news, protection des données

"C’est notre métier de base : mettre la bonne info au-dessus et éliminer les fausses informations", justifie-t-il. Un travail qui s’est fait en partie manuellement. Parce que l’algorithme du moteur de recherche aurait pu privilégier des informations moins crédibles ? Thierry Geerts répond : "C'est un risque trop important pendant une crise. Donc, à ce moment là, il y a une intervention humaine pour vérifier les résultats et pour avoir des contacts locaux avec les autorités."

A l’heure où certaines entreprises peuvent vous localiser sans efforts grâce à votre smartphone, faut-il craindre pour la protection des données personnelles ? "Il ne faut pas oublier qu’il y a une loi européenne qui est la plus stricte au monde et qui est excellente", objecte le directeur général de Google Belgique en faisant référence au Règlement général pour la protection des données (RGPD).

"Si on fait une erreur sur la gestion des données, on risque quatre milliards d'amendes. [...] Ça permet de redonner confiance au citoyen sur la façon dont ses données sont utilisées", souligne Thierry Geerts. "Avec cette confiance, enchaîne-t-il, on peut réaliser des améliorations dans les soins de santé qui sont très importantes."


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Thierry Geerts voit d’ailleurs dans l’application Coronalert "un excellent outil pour gérer la crise" mais qui a été déforcé par les craintes qu'il générait dans la population. Et d’ajouter : "La digitalisation est une grosse transformation pour tout le monde. [...] Ça fait peur, mais rassurons les gens." Car, insiste-t-il, "si on n’enlève pas la peur, on ne peut pas voir les bénéfices".

Le patron de Google Belgique considère la digitalisation comme "la plus grosse opportunité qu’on a en Belgique. [...] On a des soins de santé fantastiques, des sociétés pharmaceutiques et biotechnologiques fantastiques. Si on investit maintenant dans l’intelligence artificielle dans ce secteur-là, on peut en faire un secteur de pointe au niveau mondial".

Miser sur la digitalisation

Il explique alors comment un algorithme pourrait aider les médecins à poser leur diagnostic. "L’algorithme va mieux analyser. Il peut regarder pixel par pixel. Il ne s’embête jamais. Il est beaucoup plus attentif et peut calculer beaucoup mieux qu’un médecin", fait-il valoir.

Selon Thierry Geerts, "si vous avez un cancer du sein, vous êtes contente d’avoir un meilleur diagnostic" grâce à l’intelligence artificielle. Une bonne raison pour lui de voir les bienfaits de la digitalisation "plutôt que les risques".

"On n’a pas suffisamment investi"

Quant à savoir si le monde politique est conscient de ce que la digitalisation peut apporter, le directeur général de Google Belgique est plus mitigé. Il estime qu’il y a "énormément d’excellentes initiatives", mais que ce secteur "n’est pas un fer de lance. Il n’est pas mis en avant, on n’en parle pas assez et on n’a pas suffisamment investi dans cette direction-là".

Aurait-on fait des mauvais choix en matière d'investissement, par exemple en consacrant de l'argent du plan de relance européen à la rénovation du Palais de Justice ? "Je crois que restaurer certaines choses, ça doit être fait. Mais si on investit tant de milliards pour faire une économie d'avenir, il faut choisir des secteurs qui vont nous permettre de vivre pendant dix ans dans une meilleure économie."

Il cite en exemple "les soins de santé et l'intelligence artificielle. C'est un secteur qui va être prolifique pour les vingt ou trente années à venir". Dans ce contexte, "restaurer l'un ou l'autre bâtiment, c'est une chose qu'il faut faire, mais ce n'est pas ça qui va créer l'avenir".

En somme, résume Thierry Geerts, "ce n’est pas qu’on ne fait rien, mais on peut faire beaucoup plus si on veut arriver à la vitesse à laquelle le monde évolue".

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