Tensions sur l'alliance avec Nissan: conseil d'administration extraordinaire de Renault vendredi

Le logo de Renault au Tokyo Motor Show le 28 octobre 2015
Le logo de Renault au Tokyo Motor Show le 28 octobre 2015 - © Kazuhiro Nogi

Un conseil d'administration extraordinaire est convoqué vendredi chez Renault, en pleine recrudescence des tensions entre le gouvernement et le groupe automobile au sujet de l'alliance avec Nissan, a appris l'AFP jeudi de source proche du dossier.

Cette source s'exprimant sous couvert d'anonymat n'a pas donné l'ordre du jour de la réunion. Elle intervient toutefois alors que Nissan s'est récemment déclaré "inquiet" de l'influence renforcée de l'Etat au sein de l'entreprise française, à la suite de sa montée surprise au capital au printemps dernier.

En faisant passer de 15 à 19,7% la part de l'Etat au sein du groupe au Losange, le gouvernement s'était assuré une minorité de blocage pour imposer à l'entreprise l'application de la loi "Florange" qui récompense les actionnaires de long terme par des droits de vote double.

Renault détient 43,4% du constructeur japonais et une filiale de ce dernier contrôle 15% du groupe français.

Néanmoins, les parts de Nissan ne lui confèrent pas de droits de vote à l'assemblée générale des actionnaires de Renault, en vertu d'un dispositif du code du commerce français.

"Motif d'inquiétude"

Le coup de force du gouvernement, qui va bénéficier dès la prochaine AG en 2016 de droits de vote double, a provoqué l'ire de Renault et de Nissan, tous deux dirigés par Carlos Ghosn, et les constructeurs envisagent de modifier leur organisation capitalistique afin de débloquer les droits de vote du japonais chez Renault, voire que Nissan monte au capital de son partenaire pour contrer l'influence de l'Etat.

Nissan, qui traversait de graves difficultés quand l'alliance a été nouée en 1999, "pèse" aujourd'hui 42 milliards d'euros en Bourse, contre 17,6 milliards pour l'entreprise française.

Lundi, Nissan avait affirmé que le renforcement de l'influence de l'Etat français au sein de son partenaire constituait un "motif d'inquiétude".

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