Tensions sociales chez Ryanair: il ne faut pas une délégation pour appliquer le droit belge, répondent les syndicats

Tensions sociales chez Ryanair: il ne faut pas une délégation pour appliquer le droit belge, répondent les syndicats
Tensions sociales chez Ryanair: il ne faut pas une délégation pour appliquer le droit belge, répondent les syndicats - © JOHN THYS - AFP

Pour appliquer le droit belge sur le travail, il n'est pas nécessaire de d'abord constituer une délégation syndicale représentant les travailleurs de Ryanair basés en Belgique. Telle est la réponse des syndicats à la sortie de Michael O'Leary, le patron de la compagnie aérienne irlandaise à bas coûts, qui avait déclaré mardi matin être prêt à appliquer la législation belge en la matière dès que possible, "même avant début 2019", une fois cette délégation constituée.

D'après l'administrateur délégué de Ryanair, la balle est désormais dans le camp des syndicats, qui trainent à s'entendre entre eux.

Le droit s'applique mais ne se négocie pas

Ce que ne conteste pas Didier Lebbe, secrétaire permanent pour la CNE. "Il y a un problème au sein du SPF Emploi. Le conciliateur qui a été mandaté par le ministre Peeters au mois de juin ne veut pas procéder au comptage qui s'applique lorsque les syndicats ne sont pas d'accords entre eux sur la répartition des mandats. Il préfère régler ce problème à l'amiable", explique-t-il.

"Cela aurait déjà dû avoir lieu en août mais ce n'est toujours pas fait. Le personnel est furieux!", déplore le représentant du syndicat chrétien, qui taxe le SPF Emploi et le ministre Peeters de "jouer le jeu" de Ryanair et de leur faire "gagner du temps". "Le droit s'applique mais ne se négocie pas", lance encore le représentant du syndicat chrétien à l'adresse de la direction de la compagnie.

Une nouvelle réunion entre les syndicats et le conciliateur est en tous les cas prévue jeudi matin au SPF Emploi, à Bruxelles.

"Si le droit national sur le travail (et non plus la législation irlandaise comme c'est le cas actuellement, NDLR) est appliqué, alors nous pourrons installer une délégation syndicale et ensuite négocier une convention collective de travail (CCT)", a réagi, de son côté, Anita Van Hoof, secrétaire fédérale du Setca. "Cela peut se faire rapidement", assure-t-elle.

"Mais pourquoi M. O'Leary a-t-il besoin d'une délégation pour respecter le droit belge?" se demande la syndicaliste socialiste. "Je ne comprends pas son raisonnement. Qu'il donne des contrats belges et applique les salaires et les CCT du secteur."

Les deux représentants des travailleurs attirent l'attention sur la protection sociale à laquelle ont droit les délégués du personnel en Belgique. A leurs yeux, la reconnaissance de la législation nationale est donc un élément indispensable avant toute désignation. La compagnie pourrait sinon être tentée de les mettre à la porte, supposent-ils.

Demande de document officiel 

Anita Van Hoof a ainsi pris l'exemple d'un membre du personnel de cabine belge qui a récemment été licencié après être apparu plusieurs fois dans les médias. L'entreprise irlandaise avait toutefois ensuite assuré que cette décision était seulement liée aux compétences de l'intéressé.

Didier Lebbe évoque lui le renvoi très récent de deux travailleurs de Ryanair basés en Belgique, à qui une indemnité de 250 euros a été versée. Un façon de faire qui ne serait pas possible avec l'application du droit belge, illustre le secrétaire permanent de la CNE.

Enfin, malgré les déclarations de Michael O'Leary qui se dit prêt à reconnaître le droit belge début 2019 voire même avant, les syndicats demandent une nouvelle fois un document officiel attestant de tels propos émanant de la compagnie.

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