Tempora: une PME belge qui organise des expositions dans le monde entier

La société bruxelloise Tempora a organisé de nombreuses expositions, comme J’avais 20 ans en 45 ou Pompéi. Cette semaine, elle ouvre à Genève une exposition : Dieu(x), modes d’emploi.

Concevoir, construire et exploiter des expositions temporaires, permanentes ou itinérantes, c’est le métier de Tempora, une PME bruxelloise créée il y a 20 ans, avec cette particularité dans le monde des services : elle exporte son savoir-faire aux quatre coins du monde. Car pour grandir, elle n’a pas le choix, comme l’explique son administrateur délégué, Benoît Remiche : "La Belgique est un petit pays qui investit peu dans la culture, et donc on s’est dit que si on voulait mener des projets de grande envergure, il fallait aller voir en-dehors de nos frontières. Nous avons donc fait des expositions qui ont, pour certaines, circulé dans le monde entier. Et nous avons répondu à des appels d’offres dans différents pays, où nous avons gagné de grands projets. Je pense au Musée de la deuxième guerre mondiale à Gdansk, au Musée d’histoire de la Pologne à Poznan ou maintenant ici à Chamonix, où on fait un glaciorium au-dessus de la Mer de Glace. On a circulé, que ce soit aux États-Unis à Ellis Island ou au Texas".

Tempora emploie une soixantaine de personnes et génère un chiffre d’affaires annuel important : 12,5 millions d’euros, dont 60% proviennent de l’étranger.

Productions d'envergure

Comment Tempora choisit-elle le thème de ses expositions ? Deux grandes sources : d’un côté, les commandes et les appels d’offres, qu’ils soient privés ou publics, et de l’autre côté, l’autoproduction, et là c’est un choix de l’entreprise elle-même, poursuit Benoît Remiche : "Il y a des sujets sur lesquels on a envie de s’exprimer et dans notre jargon, on appelle ça une 'autoproduction', c’est-à-dire qu’on décide de s’emparer d’un sujet. C’est le cas de l’exposition que l’on va présenter à Genève cette semaine. On pensait qu’il y avait une urgence à essayer de comprendre le fait religieux, l’expérience religieuse d’un point de vue anthropologique. Nous avons créé cette exposition en 2006 à Bruxelles, qui a circulé puisqu’on la présente maintenant à Genève en 2019 dans le cadre de l’adoption par l’État de Genève de la loi sur la laïcité"L’exposition de 2019 n’est évidemment pas identique à celle de 2006. Le contenu a évolué et il a été modernisé. Et il a aussi été adapté au public suisse.

Pour la PME Tempora, exporter la plupart de ses expositions est une nécessité économique. Comme le constate Benoît Remiche, il y a en Belgique de moins en moins de grandes entreprises susceptibles de sponsoriser une grande expo et les subsides publics se raréfient. La conclusion est simple : pour développer des projets de grande envergure, il faut les exporter, explique-t-il : "Quand on a créé l’exposition Pompéi à Bruxelles il y a deux ans, nous avions d’emblée pensé à la circulation et elle est maintenant aux États-Unis, où elle est présentée dans trois grands musées américains, avant de revenir ici et de repartir. C’étaient les conditions indispensables pour parvenir à produire une exposition vraiment d’envergure".

Il faut des productions d’envergure, mais aussi des projets susceptibles de séduire le plus grand nombre possible de spectateurs, car les tickets d’entrée et les achats en boutique constituent la majorité des revenus d’une exposition. Dans le cas de l’expo Pompéi par exemple, cela représentait plus de 90% des recettes.

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