Taxes sur l'acier: "Les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner" dit Trump

Taxes américaines sur l'acier: Berlin veut une réaction "ferme" de l'UE
Taxes américaines sur l'acier: Berlin veut une réaction "ferme" de l'UE - © AFP

La menace jeudi du président américain Donald Trump d'imposer dès la semaine prochaine de fortes taxes sur les importations d'acier et d'aluminium aux Etats-Unis a suscité des réactions indignées dans le monde, laissant poindre le risque d'une guerre commerciale. Le locataire de la Maison Blanche doit annoncer l'imposition de droits de douane de 25% pour l'acier et de 10% pour l'aluminium.

Le président s'est ainsi réjoui vendredi des réactions préoccupées des partenaires commerciaux des Etats-Unis à ses projets de taxes sur les importations d'acier et d'aluminium en assurant que "les guerres commerciales sont faciles à gagner".

"Quand un pays (les Etats-Unis) perd des milliards de dollars en commerçant avec virtuellement tous les pays avec lesquels il fait des affaires, les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner", a twitté le président américain.

Vives réactions internationales

La Chine a ainsi demandé aux Etats-Unis "de refréner leur recours à des mesures protectionnistes et de respecter les règles du commerce multilatéral", a insisté vendredi Hua Chunying, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. "Si d'autres pays lui emboîtaient le pas, cela aurait sans aucun doute un impact grave sur l'ordre du commerce international", a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse régulière.

Cette décision ne peut qu'aggraver les choses

Par ailleurs, les Etats-Unis assurent d'ores et déjà "une protection excessive" à leurs producteurs locaux d'acier et d'aluminium, après avoir adopté "plus d'une centaine de contre-mesures" ciblant les importations américaines dans ces secteurs, a tancé Mme Hua.

Elle n'a cependant pas évoqué de possibles représailles ou contre-mesures de la part de Pékin. Moins de 2% des importations américaines d'acier proviennent de Chine.

En Europe, "nous regrettons fortement" cette décision américaine, a réagi Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. "Au lieu d'apporter une solution, cette décision ne peut qu'aggraver les choses", prévient-il dans un communiqué. "Nous ne resterons pas les bras croisés pendant que notre industrie est frappée par des mesures injustes", ajoute-t-il encore.

"L'UE entamera le plus tôt possible des consultations sur le règlement des différends avec les Etats-Unis à Genève", siège de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), ajoute, dans le même communiqué, la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström.

Inacceptable pour le Canada

"Nous avons été clairs sur le fait que nous sommes particulièrement inquiets de toute mesure qui pourrait avoir des conséquences sur l'acier du Royaume-Uni et ses industries d'aluminium", a indiqué par communiqué l'ambassade britannique à Washington, tout en assurant être en discussion avec les Américains.

"Tout tarif ou quota qui serait imposé à notre industrie canadienne de l'acier et de l'aluminium serait inacceptable", a pour sa part déclaré jeudi le ministre canadien du Commerce international, François-Philippe Champagne. Ce pays voisin des Etats-Unis est son premier fournisseur d'acier et d'aluminium. Le gouvernement canadien est surpris d'une décision qui risque finalement de jouer contre les industriels américains.

"Les Etats-Unis affichent un surplus de 2 milliards de dollars dans le commerce de l'acier avec le Canada", a souligné pour sa part la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK